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Inondations : Et si le pire était à venir ?

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Des habitations édifiées sur des cours d’eau, infrastructures vieillissantes et réseaux d’évacuation insuffisants expliquent l’ampleur des dégâts causés par les dernières intempéries et relancent la question de la prévention urgente. Que faut-il faire pour éviter ces catastrophes?

Alors que l'Institut national de météorologie (INM) prévoit un hiver 2026 assez pluvieux en Tunisie, notamment en janvier et février, tout laisse croire que les pires scénarios sont à venir si on ne rectifie pas le tir.

En effet, tous les experts sont unanimes et estiment que « la gestion des infrastructures et des eaux pluviales est un défi majeur, exacerbé par la rareté des ressources hydriques et le changement climatique, entraînant inondations et perturbations urbaines malgré des projets d'amélioration.

Les enjeux incluent la modernisation des réseaux vieillissants, la lutte contre l'urbanisation anarchique qui détruit les zones tampons naturelles, et la mise en place de solutions d'adaptation comme la récupération des eaux pluviales via des "majels" (citernes) et des ouvrages de drainage, soutenus par des programmes gouvernementaux pour la réhabilitation des voiries et réseaux ».

Selon l’activiste et expert en bâtiments, Rached Mathlouthi : « Les dégâts relevés durant ces dernières intempéries ont été enregistrés en majorité dans des zones connues pour leurs constructions anarchiques. L’absence du réseau d’évacuation des eaux pluviales a aggravé la situation ». A quoi faut-il, alors, s’attendre durant la prochaine période et comment faire face à ces violents bouleversements climatiques ?

Anticipation …

Selon l’Institut national de Météorologie, la météo devrait être caractérisée durant les deux mois de janvier et de février 2026 par des températures globalement supérieures aux normales saisonnières, avec un début d'année plus chaud, surtout dans le sud, mais le nord connaît des périodes instables avec des pluies souvent abondantes et orageuses, parfois fortes, et des vents forts près des côtes, tandis que le sud reste plus sec.

Ces prévisions ont été, en effet, confirmées par les dernières intempéries qui ont été marquées par des pluies torrentielles, lesquelles se sont abattues notamment sur les régions côtières provoquant des dégâts matériels et humains assez importants.

« Une prise de conscience générale est aujourd’hui le seul moyen pour éviter des scénarios pires que celui enregistré durant ces derniers jours », nous dira l’expert Rached Mathlouthi. Et d’ajouter : « Face au peu de moyens dont nous disposons et devant la cartographie des zones à risque ainsi que la nature des constructions, notamment dont les quartiers populaires, nous devons anticiper pour éviter des bilans plus lourds ».

Selon notre expert : « Puisque nous sommes dans une situation d’urgence, il faut procéder en premier lieu à l’assainissement de tout le réseau d’évacuation des eaux pluviales. Cela demande la conjugaison de tous les efforts et la mobilisation de tous les moyens de l’Office national de l’assainissement et de notre Armée nationale.

Au niveau purement technique, l’urgence est également à l'infiltration (massifs drainants, tranchées, puits) pour recharger les nappes, séparer les réseaux pluviaux des eaux usées, et en milieu urbain combiner des solutions techniques comme les bassins de rétention (ou ouvrages de régulation). A long terme, il faut bien oser poser cette question cruciale qui porte sur les eaux pluviales.

En effet, parler du bilan hydrique global, c’est parler du devenir des ressources pluviales qui tombent annuellement sur le pays. Il s’agit, en effet, de savoir où vont ces ressources globales de pluie qui s’abattent chaque année sur les 164.420 km2 que représente la superficie continentale de la Tunisie.

Répondre à cette question d’une manière scientifique pourrait nous éviter bien des catastrophes liées aux inondations. Il est, alors, urgent de changer notre politique en matière de gestion des eaux de pluies en optant pour la mise en place d’une infrastructure moderne, notamment en matière de construction de barrages ».

M.B.S.M.

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