Par Hassan GHEDIRI
Les soldes d’hiver vont normalement débuter fin janvier. Mais n’est-il pas temps de reconnaitre que cet évènement ne répond plus aux attentes des consommateurs ? Jadis un rendez-vous commercial incontournable durant lequel la frénésie du shoping bat son plein, les soldes sont en perte de vitesse depuis plusieurs années en Tunisie.
Face à l’explosion des ventes privées et des achats sur les réseaux sociaux où les prix défient toute concurrence, le spectacle des hordes de consommateurs se bousculant devant les portes des magasins est complètement révolu. Résultat : quand les soldes arrivent, de moins en moins de gens prennent la peine de fréquenter les boutiques en quête des bonnes affaires.
Il faut dire que le problème ne date pas d’aujourd’hui. Cela fait plusieurs années que les professionnels appellent à une révision radicale du système des soldes tel qu’il existe aujourd’hui en Tunisie. Depuis 2013, la chambre syndicale du prêt-à-porter relevant de l’UTICA n’a pas arrêté d'appeler à la révision de la loi régissant les saisons de rabais. A cette période, le ministère chargé du Commerce multipliait les promesses d’une réforme imminente qui n’a finalement jamais vu le jour.
Après plus d’une décennie, il semble que les commerçants qui ont longtemps appelé à une remise en question des règlements encadrant les soldes, pour construire quelque chose de nouveau, ont abandonné leurs exigences se contentant de simples modifications du calendrier dans l’espoir de faire venir les clients.
C’est ainsi que le président de la chambre syndicale du prêt-à-porter a expliqué, au cours de la semaine dans une déclaration accordée à l’agence TAP, que la saison des soldes d’hiver 2026 débutera le 29 janvier avec la possibilité d’un prolongement pour s’étaler sur les trente jours de ramadan, et permettre ainsi aux commerçants de tirer profit de la ruée attendue des consommateurs en prévision de la fête de l’Aid el Fitr.
Obstacle
Il est important de rappeler qu’en 2018, la chambre syndicale avait pourtant obtenu l’aval de l’autorité de tutelle concernant un projet de réforme de la loi organisant les soldes en Tunisie. La loi n°98-40 du 2 juin 1998, jugée obsolète par tous les opérateurs du secteur du textile-habillement concernés par les rabais, est devenue au fil des ans un obstacle empêchant le développement de l’activité commerciale et ne favorisant pas la transparence des transactions.
Les professionnels appellent en effet depuis 2013 au changement de la loi des soldes. Ils pensent que la loi appliquée depuis 1998 n’est plus adaptée au contexte de la concurrence et ne permet pas de satisfaire une clientèle devenue très exigeante aussi bien pour la qualité que pour les prix.
La loi n°98-40 du 2 juin 1989, relative aux techniques de vente et à la publicité commerciale, fixe les règles régissant les ventes avec réduction des prix, les ventes hors magasins, et la publicité commerciale, et ce, en vue d'assurer la transparence dans les transactions commerciales et de protéger le consommateur. Dans son chapitre consacré aux soldes saisonniers, cette loi exige la justification par les commerçants de la possession des produits à écouler depuis au moins trois mois.
Une condition qui ne permet pas de consentir des remises sur les prix des articles des nouvelles collections. Au lieu de trois mois, les professionnels aiment obtenir un feu vert pour la liquidation à l’occasion des soldes saisonniers de leurs stocks composés d’articles commercialisés depuis au moins 1 mois.
Il était également question dans les propositions de réformes émises par les professionnels d’encadrer le commerce en ligne et la vente à distance durant les soldes et ce dans l’objectif d’être au diapason du grand engouement observé en Tunisie pour les ventes en ligne pratiquées par de nombreuses enseignes à l’occasion des soldes et qui devaient être alignées sur les dates encadrant les transactions dans les circuits conventionnels. L’idée est de repenser le système dans sa globalité pour sauver un rituel commercial en perte de vitesse.
H.G.

