Par Imen ABDERRAHMANI
La médina de Tunis s’illuminera, du 21 février au 15 mars 2026, au rythme de la 42è édition de son festival légendaire. Edition qui offre à voir une trentaine de spectacles conjuguant tradition et modernité.
Il est l’un des rendez-vous phares du calendrier artistique ramadanesque. Dans les murs chargés d’histoire du Théâtre municipal de Tunis, de Dar Lasram, du Centre culturel Bir Lahjar, du Club culturel Tahar Haddad et de la Zaouïa de Sidi Mehrez, la musique et le théâtre se donnent rendez-vous pour rythmer les nuits de Ramadan, mêlant ferveur, émotion et partage.
Après plus de quarante ans, le Festival de la Médina ne se contente pas uniquement de célébrer la musique et la création artistique, mais il transforme la médina en un cœur battant, où résonnent souvenirs et nouveautés, traditions et créations, émotions et voix d’aujourd’hui.
Chaque ruelle devient partition, chaque place scène et chaque spectateur un témoin complice d’un voyage musical et poétique qui, nuit après nuit, fait vibrer le cœur historique de la ville. Le festival de la médina est en fait quatre décennies de musique et de poésie, d’art et d’engagement dans la médina et pour la médina.
La nouvelle édition ne dérogera pas à la règle, restant fidèle à l’esprit de programmation de ces dernières années, accordant une place de choix à l’artiste tunisien, offrant un voyage musical et théâtral inédit au cœur de la capitale.
Avec «Riyadh al Aashiqin» (Les jardins des amoureux), spectacle signé par Zied Mahdi, s’ouvrira le 21 février cette 42è édition du Festival de la médina, au Théâtre municipal de Tunis. Les mélomanes et surtout les passionnés du jazz et des fusions auront le lendemain rendez-vous avec le jazzman tunisien Faouzi Chekili qui présentera à l’occasion son récital « Taqasim » à Dar Lasram.
Catalogue riche
La programmation, qui comprend une trentaine de spectacles, alterne grandes formations et propositions intimistes, mettant en lumière le patrimoine tunisien et arabe. Le maalouf, le tarab, les chants soufis et les musiques méditerranéennes s’y croisent, tandis que certains hommages célèbrent des figures emblématiques de la scène artistique tunisienne telles que Zied Gharsa qui se produira le 13 mars, au Théâtre municipal de Tunis. Un rendez-vous consacrant une belle et longue carrière dans la préservation, l’enrichissement et la promotion de la musique tunisienne.
Un hommage-posthume sera rendu à l’artiste accompli Fadhel Jaziri qui nous a quittés en août 2025 à travers la programmation, le 7 mars, de son célèbre spectacle « Al-Hadhra ». Œuvre qui dépoussière l’héritage musical soufi tunisien.
Le catalogue de la manifestation promet de belles soirées avec à l’affiche Mehrezia Touil, Mohamed Ali Chebil, Benjemy, Aya Daghnouj, Ikbel Jomni, Outaïl Maaoui, Souhaïl Charni, Ahmed Jelmam (chants liturgiques).
Toujours fidèles à l’esprit artistique du festival et des ambiances de ce mois sacré, les organisateurs ont opté pour le classique «Les Qoudoud d’Alep» qui aura lieu le 14 mars au Théâtre municipal de Tunis et un concert de musique soufie turque, prévu le 9 mars à Dar Lasram.
Le théâtre sera présent avec au programme « Kahlet el Ahdab», mise en scène par Taher Issa Ben Larbi, avec à l’affiche l’actrice Kaouther Bardi. Revisitant le patrimoine musical entre les années 30 et 60, cette pièce de théâtre sera présentée, le 1er mars, sur la scène du Théâtre municipal de Tunis.
D’autres spectacles rythment bien cette édition, au grand bonheur des mélomanes, nostalgiques et noctambules. Il est à noter que la soirée de clôture de cette 42è édition sera avec l’une des figures emblématiques de la scène musicale tunisienne, Nabiha Karaouli.
Les tarifs restent accessibles, a noté le directeur de l’association du Festival de la médina Chedly ben Younès, soulignant qu’une partie des recettes ira au profit de l’Association Carthage Horizon, traduisent l’esprit de partage, de solidarité et de transmission qui anime la manifestation.
I.A.

