Didon est de retour. Ce soir, la reine de Carthage retrouvera la scène du Colisée d’El Jem pour faire revivre son amour impossible pour Énée et ouvrir la 39ème édition du Festival international de musique symphonique d'El Jem.
Avec le chef-d'œuvre de Henry Purcell, porté par l’Opéra de Tunis, le coup d’envoi de ce nouveau rendez-vous du Festival international de musique symphonique d'El Jem sera donné. « Didon et Enée » tel est l’intitulé de cette soirée placée sous le signe de l’amour et de la tragédie.
Composé vers 1689 par le musicien anglais Henry Purcell, « Didon et Énée » est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre fondateurs de l’opéra baroque. Inspirée de « L’Énéide » de Virgile, cette tragédie lyrique retrace la passion de la reine de Carthage pour le héros troyen Énée, jusqu’à son abandon et au sacrifice final de Didon. Plus de trois siècles après sa création, l’œuvre continue d'inspirer metteurs en scène et chefs d’orchestre à travers le monde, donnant lieu à de nombreuses interprétations qui en renouvellent sans cesse la lecture.
Purcell, l’intemporel
Dernière création du Théâtre de l’Opéra de Tunis, présentée en avant-première les 14 et 15 mai derniers, cette nouvelle production sera donnée, ce soir, au Colisée d’El Jem pour ouvrir la 39ème édition du Festival international de musique symphonique d'El Jem.
La production réunit le Ballet et le Chœur de l’Opéra de Tunis, des musiciens de l’Orchestre tunisien ainsi que les instrumentistes baroques de la compagnie française « Les Épopées ».
À la direction musicale, Stéphane Fuget, fondateur et directeur de l’ensemble français, dirige une formation née de plusieurs semaines de collaboration avec les musiciens tunisiens.
La soprano Nesrine Mahbouli incarne « Didon », tandis que Haythem Hadhiri prête sa voix à « Énée ». La distribution comprend également Lilia Ben Chikha (Belinda), Maram Bouhbal (la Sorcière), Wajd Akrout et Oumaima Ben Amar (les Sorcières). La soprano française Claire Lefilliâtre, cofondatrice des « Épopées », rejoint la distribution pour interpréter le célèbre « The Plaint », le poignant lamento final de Didon, devenu l’une des pages les plus célèbres de l’histoire de l’opéra.
Signée par le chorégraphe et metteur en scène libanais Omar Rajeh, cette création conjugue le langage du baroque et la danse contemporaine dans une relecture résolument actuelle de la tragédie. Sans trahir l’esprit de Purcell, elle revisite les thèmes de l’amour, de l’exil, du pouvoir, du devoir et de l’abandon, tandis que les forces surnaturelles du livret deviennent une métaphore des manipulations, de la désinformation et des violences symboliques qui traversent les sociétés contemporaines.
Cette production s’inscrit dans la continuité des grandes créations lyriques du Théâtre de l’Opéra de Tunis, après « Carmen » en 2024 et « La Traviata » en 2025. Elle témoigne également de la vitalité des coopérations artistiques entre les deux rives de la Méditerranée et ouvre une nouvelle édition d’un festival devenu, depuis près de quatre décennies, le principal rendez-vous tunisien consacré à la musique symphonique et à l’art lyrique.
Accueilli dans le majestueux Colisée d’El Jem, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, le festival fait dialoguer chaque été l’un des plus remarquables monuments de l’Antiquité avec les grandes œuvres du répertoire classique.
Imen.A.

