Par Imen Abderrahmani
Des villes, des vergers, des oliviers, des vignobles, des savoir-faire ancestraux et des mémoires. Pour sa 2ème édition, annoncée du 2 au 4 octobre, « Via Bagrada » invite le grand public à parcourir la Medjerda et à la regarder autrement. Détails.
De Testour à Téboursouk et Slouguia, la Medjerda devient le fil conducteur d’un territoire où la nature et la culture se répondent. Traversant les villes, façonnant les paysages et nourrissant les terres, le fleuve a peu à peu imprimé sa marque aux villes et villages qu’il borde.
La deuxième édition de « Via Bagrada », la Route de la Medjerda, propose, du 2 au 4 octobre à Testour, de suivre ce fil d’eau et de découvrir autrement les territoires qu’il traverse. Portée par l’association Museum Lab, la manifestation étend ses activités à Téboursouk et Slouguia et mêle patrimoine, tourisme, gastronomie, artisanat, nature et création artistique.
Il est ainsi à rappeler que Museum Lab travaille, depuis 2020, à faire connaître les richesses des territoires liés à la Medjerda.
S’écoulant sur plus de 460 kilomètres, dont environ 350 en Tunisie, la Medjerda est le plus long cours d’eau du pays et son principal fleuve pérenne. Elle entre en Tunisie par Ghardimaou, dans le gouvernorat de Jendouba, traverse et irrigue notamment Béja, où se trouvent Testour et le barrage de Sidi Salem, puis poursuit son chemin vers la Manouba, à travers des localités comme Tebourba et Djedeida, avant de rejoindre le golfe de Tunis près de Kalâat El Andalous, dans le gouvernorat de l’Ariana. Son vaste bassin versant et ses affluents s’étendent également sur des portions des gouvernorats du Kef, de Siliana et de Bizerte, dessinant ainsi un territoire aux paysages, aux patrimoines et aux savoir-faire multiples.
Ces villes, dons de la Medjerda
La richesse de ce territoire tient aussi à la diversité des villes et villages qui se sont développés autour du fleuve. Chacun en porte une facette : une architecture, une histoire, un produit, une pratique ou un savoir-faire. La Medjerda apparaît ainsi comme un lien naturel entre des patrimoines qui, tout en partageant une même géographie, conservent chacun leur singularité.
Testour en offre une illustration particulière. Sa médina et son héritage andalou seront au cœur des journées événementielles, avec le Café d’Andalous comme espace de rencontres, d’ateliers et d’animations. À Téboursouk, le parcours d’oléo-tourisme conduira à la découverte des oliviers centenaires et des huileries de la région. À Slouguia, un circuit œnotouristique permettra de découvrir les vins locaux et les paysages viticoles.
Autant d’étapes qui racontent un territoire façonné par l’eau, mais aussi par les hommes et les générations qui ont transformé ses ressources en cultures, en produits et en savoir-faire.
Un territoire à goûter et à parcourir
« Via Bagrada » entend faire de cette diversité une véritable expérience. Les produits du terroir et la gastronomie occuperont une place centrale avec un marché du terroir et de l’artisanat, des tables d’hôtes chez l’habitant et des ateliers consacrés notamment à la fabrication de confiture de grenade. Et c’est bien la saison des grenades !
La découverte se poursuivra sur les chemins et au fil de l’eau. Circuit pédestre à la rencontre de la faune et de la flore de Testour, canoë-kayak au barrage de Sidi Salem, spéléologie à Ghar Kriz, tyrolienne et baignade fluviale à Zeldou. Un programme copieux, une invitation à explorer le territoire dans toute sa diversité et à voir autrement ces terres.
Le patrimoine bâti et archéologique sera également à l’honneur à travers des circuits consacrés à Testour et à Dougga. Une manière d’élargir le regard sur le Nord-Ouest, en faisant dialoguer les grands sites patrimoniaux avec les paysages, les villages et les pratiques qui composent le quotidien de la région.
La création artistique accompagnera cette traversée. Une performance circassienne au Café d’Andalous, une exposition consacrée à la photographie et au patrimoine au mausolée Sidi Garwachi, un ciné-concert ainsi que des projections autour de l’écologie viendront investir différents lieux.
Des ateliers de teinture naturelle à Aïn Draham et de fabrication de confiture de grenade à Testour prolongeront cette approche par la transmission des savoir-faire. Des animations musicales au marché du terroir viendront, elles aussi, inscrire la culture au cœur de l’expérience.
Des rencontres de concertation réuniront également acteurs culturels et société civile autour des circuits, des partenariats et des retombées économiques de cette dynamique.
L’enjeu est de donner à voir la Medjerda autrement, non plus comme un simple cours d’eau, mais comme une géographie culturelle à parcourir, où chaque étape révèle une histoire, un paysage, une saveur ou un geste.
Organisée en partenariat avec l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (AMVPPC), le Centre international de l’économie culturelle numérique de Tunis (TICDCE), la Délégation régionale des Affaires culturelles de Béja, le Centre de présentation du patrimoine culturel et la Maison de la culture de Testour, cette deuxième édition entend inscrire la richesse de la Medjerda dans une dynamique durable de valorisation culturelle et touristique. Ce n’est qu’un début d’une importante initiative qu’on espère qu’elle s’ouvrira dans les prochaines éditions sur d’autres villes et villages du bassin de Medjerda.
Imen.A.

