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L'épargne nationale : Dynamique et perspectives

En 2023, la Tunisie a observé une amélioration notable de son taux d'épargne nationale, malgré des défis persistants pour stimuler l'investissement et favoriser une croissance économique durable.

Il est important, à cet effet, d’explorer les évolutions récentes et les défis persistants liés à l'épargne nationale tunisienne.

Accroissement rassurant

Pour la deuxième année consécutive, le taux d'épargne nationale en Tunisie a continué de croître. En 2021, ce taux était de 8,1 %, augmentant à 8,7 % en 2022.

La Banque Centrale de Tunisie (BCT) prévoit que cette tendance positive se poursuivra en 2023, avec une accélération de l'épargne nationale surpassant celle de l'investissement. Cette évolution est cruciale pour réduire le déficit de financement entre l'investissement et l'épargne nationale, un enjeu fondamental pour l'économie tunisienne.

L'épargne totale a connu une augmentation significative en 2023, atteignant une hausse de 5 047 millions de dinars.

Cette progression a été marquée par une augmentation des dépôts à terme et des produits financiers, traduisant une confiance accrue des épargnants dans les instruments financiers disponibles. Par ailleurs, l'épargne traditionnelle a également enregistré une croissance, atteignant 30 930 millions de dinars, tandis que l'épargne postale a franchi le seuil des 9 000 millions de dinars.

Déterminants de la dynamique

Malgré les progrès réalisés, plusieurs facteurs ont contribué à la baisse de l'épargne nationale en Tunisie. La crise de Covid-19 a eu un impact significatif sur les revenus des agents économiques, entraînant une diminution de l'épargne nationale. Parallèlement, la contraction du PIB et du revenu national disponible brut (RNDB) a réduit l'épargne nationale à son niveau le plus bas depuis plusieurs années.

De plus, les dépenses courantes de l'État ont augmenté de 13,4 %, aggravant l'écart entre les ressources propres et les dépenses courantes, y compris les intérêts de la dette publique. L'inflation a également touché l'ensemble de l'économie, réduisant l'épargne nationale et la consommation finale. Enfin, la croissance du PIB aux prix courants a été plus lente que celle de la consommation, contribuant ainsi à la diminution de l'épargne nationale.

Impacts et enjeux

Malgré l'amélioration observée, l'épargne nationale reste insuffisante pour répondre aux besoins de financement de l'investissement et de la croissance économique. Le déficit de financement persiste, obligeant le pays à recourir à des financements directs de la Banque Centrale pour combler le manque de ressources provenant de l'épargne nationale. Cette situation souligne la nécessité d'une mobilisation accrue de l'épargne intérieure pour soutenir les investissements productifs.

Face à ces défis, des observateurs pensent que les autorités tunisiennes doivent mettre en œuvre des stratégies pour renforcer la mobilisation de l'épargne intérieure. L'objectif est d'atteindre des taux d'investissement élevés, essentiels pour stimuler la croissance économique du pays. Bien que les prévisions indiquent une augmentation continue des taux d'épargne, il faut veiller à ce que cette épargne soit orientée vers des investissements productifs plutôt que vers des dépenses non productives.

La route vers une économie tunisienne plus solide passe indéniablement par une meilleure gestion et utilisation de l'épargne nationale, combinée à des politiques économiques favorisant l'investissement productif.

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