La romancière et chercheuse tunisienne Souad Guellouz est décédée, hier, le 27 janvier 2026, a annoncé le ministère des Affaires culturelles. Avec elle s’éteint l’une des premières voix féminines à avoir interrogé, par l’écriture, les mutations sociales et culturelles de la Tunisie moderne.
Née en 1937 à Metline (Bizerte), elle écrit très tôt « La Vie simple », roman précurseur publié en 1975, qui explore la transition entre monde rural et urbain et aborde la condition féminine, ouvrant la voie à une littérature engagée au féminin. Diplômée en lettres françaises, elle enseigne de 1965 à 1980, tout en poursuivant une œuvre attentive à la mémoire et à l’identité culturelle.
Elle publie dès 1960 plusieurs nouvelles, avant de livrer « Les Jardins du Nord » (1982), autobiographie romancée sur son enfance dans le nord de la Tunisie. En 1997, « Myriam, ou le rendez-vous de Beyrouth », couronné par le Comar d’or, confirme une écriture intimement liée à l’expérience personnelle. Elle achève son parcours littéraire avec le recueil poétique « Comme un arc-en-ciel » (2003).
Honorée en 2017 au Salon international du livre de Tunis, Souad Guellouz laisse une œuvre pionnière, marquée par la justesse, la liberté et la transmission.

