La mission des Affaires culturelles bénéficiera d’un budget de près de 500 millions de dinars en 2027, contre 460,969 millions en 2026, soit une augmentation d’environ 8 %, représentant 39,031 millions de dinars supplémentaires. Cette évolution a été présentée vendredi, au siège du Parlement, par la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, lors d’une séance consacrée à l’examen du projet de budget de son département.
La répartition des crédits accorde la part la plus importante au programme de l’action culturelle, doté de 281,333 millions de dinars. Le patrimoine bénéficiera de 79,664 millions, les arts de 66,274 millions, le livre et la lecture de 37,707 millions, tandis que le pilotage et l’appui disposeront de 35,022 millions de dinars.
Parmi les principales orientations pour 2027 figurent le renforcement du soutien à la création et aux institutions culturelles, ainsi que la poursuite des programmes de restauration et de valorisation du patrimoine. Une enveloppe de 50 millions de dinars est ainsi prévue pour soutenir la production littéraire et artistique, tandis que 40 millions seront consacrés au renforcement des infrastructures et du socle numérique des institutions culturelles. Le soutien aux associations culturelles bénéficiera, quant à lui, de 13 millions de dinars.
Le patrimoine occupe également une place importante dans les programmes annoncés. Le ministère prévoit notamment près de 5 millions de dinars pour la création d’un laboratoire national de datation archéologique, faisant appel aux techniques scientifiques modernes, dont le carbone 14. Une enveloppe de 2,5 millions de dinars sera consacrée à l’inventaire du patrimoine architectural des XIXe et XXe siècles. La poursuite des chantiers de restauration, la protection des sites archéologiques et la modernisation des musées figurent également parmi les priorités. Près de 20 millions de dinars seront mobilisés pour améliorer les parcours de visite et les services d’accueil dans plusieurs sites majeurs, dont le musée du Bardo et le théâtre romain d’El Jem.
Présentant le bilan de l’année 2026, Amina Srarfi a notamment évoqué l’achèvement de l’inventaire archéologique national, qui a porté sur plus de trois millions de pièces, ainsi que les avancées des projets de restauration des monuments historiques. Les travaux de valorisation des bassins aghlabides de Kairouan ont atteint un taux d’avancement de 70 %, tandis que les études de restauration de la mosquée Zitouna ont été achevées. L’année a également été marquée par l’inscription de Sidi Bou Saïd au patrimoine mondial de l’UNESCO et celle de Dar El Hussein et de la Tourbet El Bey au registre du patrimoine architectural et urbanistique de l’ALECSO.
Le bilan fait également état de plus d’un million de visiteurs dans les sites archéologiques et les musées à fin octobre 2026, générant plus de 24 millions de dinars de recettes. Durant la saison estivale, 297 festivals ont bénéficié d’un soutien de plus de 10 millions de dinars et attiré plus de trois millions de spectateurs.
Enfin, le ministère entend renforcer le rayonnement culturel tunisien à l’international, tout en développant les mécanismes de soutien aux artistes et aux créateurs. Parmi les mesures annoncées figurent la mise en place de systèmes de gestion des droits voisins et de reprographie, ainsi que des programmes destinés aux jeunes, aux enfants et aux publics des régions rurales et frontalières. L’enjeu sera désormais de traduire cette progression budgétaire en moyens concrets pour la création, la diffusion culturelle et la préservation du patrimoine national.

