Au Festival international de Hammamet, Najat Aâtabou a livré une soirée haute en couleurs, mêlant rythmes marocains et humour. Une rencontre chaleureuse avec un public tunisien conquis.
Dès son entrée en scène, Najat Aâtabou a installé une atmosphère à la fois festive et intimiste. Vêtue d’une robe éclatante, la chanteuse marocaine, reconnaissable à sa voix et à son tempérament, a rapidement établi une complicité avec le public de Hammamet. Entourée de ses musiciens et portée par une orchestration riche, elle a proposé un spectacle où la tradition marocaine côtoyait des sonorités plus contemporaines.
Mais la musique n’était qu’une partie de cette rencontre. Entre deux chansons, l’artiste s’est livrée à un véritable exercice de narration, évoquant avec humour et franchise la vie quotidienne, les relations entre hommes et femmes, la famille et les rapports sociaux au Maroc.
Son propos s’est notamment attardé sur la place de la femme, la polygamie et une certaine conception de la masculinité dans une société encore marquée par le patriarcat. Loin d’un discours théorique, Najat Aâtabou puise dans des situations concrètes, des anecdotes et des observations de la vie quotidienne. Elle évoque également le paraître, l’hypocrisie, l’égoïsme ou encore les tromperies, autant de travers qui, selon elle, dépassent largement les frontières marocaines.
Cette liberté de parole a nourri le dialogue avec la salle. De retour en Tunisie, pays avec lequel elle entretient une relation affective particulière, la chanteuse s’est montrée particulièrement proche de son auditoire. L’humour et la répartie lui ont permis d’aborder des sujets parfois sensibles sans alourdir l’ambiance.
Répertoire riche
Le public a particulièrement réagi à « Kedhba Bayna », chanson qui a donné lieu à un échange autour de la responsabilité de l’homme et de la femme dans une histoire de couple. D’autres titres ont ensuite pris le relais, notamment « Baadou Leeh », « Hadouk Haa » et « Maa Raachek Lih ».
Très attendu, « J’en ai marre » a également suscité une forte réaction dans les gradins. Fidèle à l’esprit populaire et dansant de son répertoire, Najat Aâtabou a maintenu le rythme jusqu’au bout, faisant du théâtre de Hammamet un véritable espace de fête.
La soirée s’est achevée sur une note patriotique avec « Viva Morocco », avant un hommage musical adressé au public tunisien. Une manière de rappeler, au-delà des frontières, les liens qui unissent les publics maghrébins et leurs traditions musicales.
Cette ouverture sur plusieurs registres résume assez bien le parcours de Najat Aâtabou. Son répertoire puise dans la Aïta et dans différentes traditions populaires marocaines, tout en intégrant l’arabe, l’amazigh et la chanson française. Avec plus de 500 titres à son actif, elle a construit une œuvre marquée par la diversité des langues, des rythmes et des thèmes.
Cette richesse lui a permis de s’imposer au-delà du Maroc et de se produire sur de grandes scènes internationales. À Hammamet, elle a montré une nouvelle fois que sa force ne réside pas uniquement dans ses chansons : elle tient aussi à cette capacité à raconter, à provoquer le rire, à susciter la réflexion et surtout à créer un lien direct avec le public.
Une prestation généreuse, rythmée et sans détour, qui a fait de cette soirée l’un des rendez-vous marquants du Festival international de Hammamet.

