Par Imen Abderrahmani
Pour sa deuxième édition, le Festival international des arts populaires d'Oudhna fait la part belle au patrimoine vivant tunisien. Une orientation qui pourrait être enrichie par une plus grande ouverture aux arts populaires du monde. Détails.
Le Festival international des arts populaires d'Oudhna revient pour une deuxième édition qui se déroulera du 22 juillet au 2 août 2026 dans le cadre majestueux du théâtre antique d’Oudhna, l’un des plus prestigieux sites archéologiques de Tunisie.
Placée sous l’égide du ministère des Affaires culturelles et orchestrée par l’Agence de mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle (AMVPPC), cette édition propose onze soirées consacrées à la musique populaire tunisienne, au folklore et aux spectacles inspirés du patrimoine. Quelques invités étrangers viendront également prendre part à la manifestation, mais l’essentiel de la programmation demeure consacré aux expressions artistiques tunisiennes.
Le festival s’ouvrira le 22 juillet avec le chanteur égyptien Ahmed Cheba, avant de céder la scène à « Rboukh » de Hatem Lajmi (23 juillet), « Ez-Zarda » de Nejla La Tunisienne (24 juillet) et « Sinouj » d’Ahmed Ben Jemi (25 juillet) alias Benjemy, reconnu sur la scène artistique pour son talent et sa capacité de faire dialoguer la musique électronique contemporaine avec le patrimoine musical traditionnel tunisien.
Hichem Salam et Tlili Gafsi animeront une soirée musicale, le 26 juillet, suivis de Mohamed Ali Lasmar (27 juillet), Habib Chankaoui (28 juillet) et d’une grande soirée folklorique réunissant plusieurs troupes traditionnelles parmi lesquelles « Ghbonten » et « Sta » (29 juillet). Abdelkrim Benzarti et Atef Nour partageront l’affiche le 30 juillet, avant « El Fallaga » de Nasreddine Chbil (31 juillet). Le festival s’achèvera le 2 août avec un concert de Hedi Habbouba, l’un des temps forts de cette édition. Véritable icône du mezoued, l’artiste retrouve la scène d’Oudhna pour une soirée qui s'annonce comme l'un des moments les plus attendus du festival.
Parmi les choix les plus pertinents de cette édition figure l’intégration du « Ghbonten » (soirée du 29 juillet), récemment inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l'UNESCO. Cette initiative traduit la volonté du festival de valoriser les éléments les plus emblématiques du patrimoine vivant tunisien et de contribuer à leur transmission auprès du grand public.
Un horizon à élargir…
Cette orientation patrimoniale pourrait cependant s’accompagner d’une ouverture internationale plus affirmée. Un festival qui porte le label « international » gagnerait à accueillir davantage de spectacles puisant dans les arts populaires d’autres cultures, offrant ainsi au public des occasions de découvrir la richesse des traditions vivantes du monde et les multiples façons dont les peuples expriment leur mémoire, leurs rites et leurs identités.
Dans cette perspective, le développement de coopérations avec des festivals similaires en Méditerranée, en Afrique, dans le monde arabe, en Asie ou en Amérique latine constituerait une piste prometteuse. Des jumelages permettraient des échanges de troupes, des coproductions, des résidences artistiques et une circulation des savoir-faire traditionnels. Ils renforceraient le rayonnement international du festival tout en enrichissant sa programmation, faisant d’Oudhna un véritable espace de dialogue entre les patrimoines immatériels du monde.
À travers cette manifestation, les organisateurs entendent promouvoir le patrimoine culturel immatériel tout en valorisant l’un des plus remarquables sites archéologiques de Tunisie. La majesté du théâtre antique d’Oudhna constitue à elle seule un formidable atout, capable de séduire des artistes venus des quatre coins du monde et d’attirer des chaînes de télévision étrangères en quête de décors d’exception. Une carte à jouer pour les prochaines éditions !
Imen.A.

