Révélation de l’Égypte lors du Mondial 2026, Haytham Hassan est revenu, dans une interview publiée par le site Ahraminfo, sur son intégration retardée par un problème administratif, le but controversé refusé contre l’Argentine, son choix de représenter les Pharaons plutôt que la France ou la Tunisie, ainsi que son avenir en club.
L’Égypte était à quelques minutes de créer l’une des plus grandes surprises du tournoi, menant 2-0 face aux champions du monde en titre, avant de finalement s’incliner 3-2 après une spectaculaire remontée de l’Albiceleste. Hassan a été l’un des grands artisans de cette prestation. Il a délivré la passe décisive sur le deuxième but égyptien et a surtout signé une exceptionnelle percée individuelle qui a conduit à un troisième but inscrit par Mostafa Ziko, finalement refusé par l’arbitre dans une décision qui continue d’alimenter les débats : «Marwan m’a transmis le ballon, je suis parti vers l’avant sans réfléchir et j’ai éliminé mon adversaire. Un défenseur a ensuite essayé de me prendre le ballon, mais j’ai réussi à changer de direction en pleine course avant de transmettre à Mohamed Salah. Il a délivré une passe magnifique à Mostafa Ziko, qui a marqué un but exceptionnel. À chaque fois que je revois cette action, je me dis que c’est l’un des plus beaux buts de cette Coupe du monde. Je ne comprends toujours pas pourquoi il a été annulé. Nous n’avions commis aucune faute. »
« C’était un moment extraordinaire. Nous pensions mener avec deux buts d’avance, mais après l’annulation du but, nous avons ressenti une immense injustice. Je pense que si cette action avait été en faveur de l’Argentine, le but aurait été accordé. On peut battre une grande équipe, mais on ne peut pas lutter contre l’arbitre et d’autres facteurs extérieurs. Quitter la Coupe du monde dans ces circonstances est très douloureux. »
Malgré la déception, Hassan estime que le parcours des Pharaons a changé le regard porté sur cette génération : « Bien sûr, nous étions très tristes après le match, parce que nous rêvions de nous qualifier et nous parlions déjà du quart de finale. Mener 2-0 puis perdre laisse énormément de regrets. Mais même si nous n’avons pas battu l’Argentine, nous avons gagné le respect de tous les Égyptiens. Voir les supporters célébrer notre parcours dans les fan-zones et dans toutes les villes du pays a été un sentiment exceptionnel. L’Égypte est un grand pays qui mérite de figurer parmi les meilleures nations du monde. »
Un problème administratif avant ses débuts
Haytham Hassan a également révélé que sa participation à la Coupe du monde avait failli être compromise par un problème administratif survenu juste avant le début de la compétition. « Il y a eu un problème concernant mes documents, alors que ma situation était parfaitement conforme sur le plan juridique. Heureusement, tout a été réglé en moins de vingt-quatre heures. »
Privé des rencontres de la phase de groupes contre la Nouvelle-Zélande, la Belgique et l’Iran, Hassan a finalement effectué ses débuts avec les Pharaons en seizièmes de finale contre l’Australie : « Le moment où je me suis échauffé pour entrer en jeu restera gravé dans ma mémoire. Je repensais à tout ce que j’avais traversé depuis mon enfance pour arriver jusqu’à cette Coupe du monde. Aujourd’hui, je suis fier d’avoir porté le maillot de l’Égypte et d’être devenu un élément important de cette équipe. »
Pourquoi il a choisi l’Égypte
Né en France d’un père égyptien originaire d’Assouan et d’une mère tunisienne, Haytham Hassan a représenté les sélections de jeunes françaises avant d’opter pour les Pharaons en mars 2026. Il a expliqué que son choix s’était imposé naturellement.
« J’ai choisi de représenter l’Égypte parce que c’est l’Égypte. C’est la plus grande sélection africaine. Bien sûr, cela aurait également été un honneur de représenter la Tunisie ou la France, mais avec la qualité des joueurs égyptiens et l’histoire de cette sélection, il était impossible de refuser le maillot des Pharaons. Tout le monde connaît la valeur de l’équipe d’Égypte. Mon père adore le football et aime profondément l’Égypte. »
Le joueur a également tenu à préciser que cette décision avait été prise sans aucune pression familiale. « Mon père était très heureux de me voir choisir l’Égypte, mais il ne m’a jamais influencé. Ma mère ne m’a jamais demandé non plus de représenter la Tunisie. Il n’y a jamais eu le moindre conflit au sein de la famille concernant cette décision. »
Mohamed Salah, un capitaine et un modèle
Haytham Hassan n’a pas caché son admiration pour le capitaine des Pharaons. « Avant d’être un immense joueur, Mohamed Salah est un grand capitaine et une personne exceptionnelle. Il se soucie de tous les joueurs de la sélection. Depuis le début de sa carrière, il a assumé de grandes responsabilités et possède toutes les qualités d’un véritable leader. Pour nous, il est l’un des plus grands joueurs de l’histoire du football égyptien. »
Il a également raconté le soutien reçu de la star de Liverpool dès son arrivée. « Lorsque je réglais encore mes formalités administratives, Salah est venu me parler dans le bus de l’équipe. Il m’a accueilli chaleureusement, m’a encouragé et a renforcé ma confiance. Il pense toujours à tout le monde et cherche à aider chacun de ses coéquipiers. »
L’ailier a expliqué qu’il ne cherchait pas à imiter Salah, mais à s’inspirer de son parcours. « Je ne pourrai jamais être Mohamed Salah, car il n’y en a qu’un. Je veux simplement être Haytham Hassan. En revanche, j’essaie d’apprendre de lui chaque jour. Son travail, sa régularité, son état d’esprit et son esprit de sacrifice sont une source d’inspiration pour tous les jeunes joueurs. Il nous prouve que le travail acharné permet d’aller très loin. »
Très attaché à ses racines égyptiennes
Le joueur du Real Oviedo a réaffirmé son attachement profond à l’Égypte, où il passe régulièrement ses vacances avec sa famille. « Je viens en Égypte chaque été pour passer mes vacances avec ma famille. J’adore la cuisine égyptienne, surtout le foul et la molokheya. Chaque fois que je viens, ma famille me prépare des plats égyptiens. » Il a également confié que son père était un fervent supporter de Zamalek. « Mon père est supporter de Zamalek et il m’a transmis son amour du football et de l’Égypte. »
Un avenir encore en suspens
Interrogé sur son avenir, Hassan a confirmé avoir suscité l’intérêt de plusieurs clubs à la suite de ses performances lors de la Coupe du monde. « J’ai reçu plusieurs offres ces derniers mois, mais je ne veux pas prendre de décision dans la précipitation. Avec mon agent, nous avons estimé que le meilleur choix était d’attendre la fin de la Coupe du monde avant d’aborder ce sujet. » Le joueur souhaite désormais prendre un peu de recul avant de trancher : « Je veux d’abord profiter d’une période de repos et passer du temps avec ma famille, que je n’ai pas vue depuis longtemps. Ensuite, je prendrai une décision concernant mon avenir. »
Selon plusieurs médias, les performances de Haytham Hassan en Amérique du Nord ont suscité une vive concurrence sur le marché des transferts. Le Celtic aurait vu une première offre de quatre millions d’euros rejetée par le Real Oviedo, tandis que Marseille, Liverpool ainsi que plusieurs clubs anglais, turcs et saoudiens suivraient également le dossier en vue d’activer sa clause libératoire, fixée à 12 millions d’euros après la relégation du club espagnol.

