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Le congrès de l’UGTT fixé à fin mars : Début de sauvetage ou vers un nouveau naufrage ?

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

La Commission administrative nationale relevant de l’UGTT a décidé de tenir son congrès au mois de mars prochain. Peut-on parler d’un congrès de sauvetage de la Centrale syndicale frappée par une grave crise depuis le congrès de Sfax ?

S’exprimant devant les membres de la Commission administrative nationale de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui s’est réunie jeudi dernier au siège de l’organisation syndicale à Tunis, le secrétaire général, Noureddine Taboubi, a indiqué que « les travaux de cette instance devraient aboutir à des solutions efficaces et fédératrices capables d’unifier toutes ses structures ».

Et d’ajouter : « Toute décision concernant l’organisation ne peut émaner que de ses structures, institutions et instances légitimes élues », rappelant au passage que « l’UGTT demeurera une organisation unie, malgré les divergences et tensions internes ».

Suite à quoi, les membres ont passé au vote concernant la date du prochain congrès de la Centrale syndicale et par 48 voix et cinq abstentions, la Commission a décidé de tenir le prochain congrès électif de l’UGTT les 25/26/27 mars prochain à Tunis. L’ouverture des candidatures au bureau exécutif a été fixée au 5 mars 2026 et l’annonce de la liste des candidats est prévue pour le 14 du même mois.

Cela étant, les travaux de cette commission administrative nationale se sont déroulés dans une atmosphère houleuse et tendue. Plusieurs interventions, dont celle du porte-parole, Sami Tahri, ont été interrompues et huées, alors que sur la tribune, le secrétaire général, Noureddine Tabboubi, était seul, dirigeant une réunion marquée par des désaccords profonds et des divergences au sein du bureau exécutif divisé en deux clans, l’un soutenant la tenue du congrès fin-mars et l’autre préférant le reporter à une date ultérieure.

Peut-on, alors, parler du début du sauvetage de la Centrale syndicale secouée par une grave crise depuis le congrès de Sfax et l’amendement de l’article 20 ayant permis aux membres de l’actuel bureau exécutif de se présenter à des mandats illimités et qu’en est-il de la grève générale décidée pour le 21 janvier et annulée faute de préavis non communiqué dans les délais légaux ?

Vers une nouvelle crise ?

Même si le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Tabboubi, s’est montré confiant quant à l’avenir de la Centrale syndicale, certains observateurs craignent que les divisions au sein du bureau exécutif ne conduisent à une nouvelle crise. « Je crains que ce qui reste de l’UGTT a été anéanti lors de la tenue de cette Commission administrative », nous dira l’opposant syndical Habib Jerjir.

Et d’ajouter : « Le congrès de mars marquera la fin de l’organisation parce qu’il aboutira à un bureau exécutif constitué des mêmes visages qui sont à l’origine de la crise actuelle. Sans une refonte réelle des structures et du règlement intérieur et sans une reddition des comptes, il est impossible de parler de sauvetage de l’organisation syndicale.

Ceux qui sont responsables de la crise actuelle doivent assumer leur responsabilité historique et confier la direction de la Centrale syndicale à un comité national provisoire formé de personnalités syndicales indépendantes dont la mission sera de bien préparer le prochain congrès dans la transparence totale.

Cela doit passer en premier lieu par la révision des statuts et des règlements de l’UGTT, ce qui est de nature à instaurer la confiance et renforcer la démocratie au sein de l’Union générale tunisienne du travail et garantir l’égalité des chances à tous ceux qui se voient capables de rendre à notre union son prestige et son rôle dans la défense des droits des travailleurs ».
Concernant, en outre, la grève générale, de sources confirmées, sa nouvelle date sera fixée après la tenue du prochain congrès.

M.B.S.M.

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