contactez-nous au 71 331 000
Abonnement

Editorial : Le dernier rempart - Par Jalel Hamrouni

Les pourparlers imminents entre Israël et le Liban, prévus la semaine prochaine à Washington, marquent un tournant dans les relations complexes entre les deux pays et un moment crucial pour l’avenir de la région du Moyen-Orient. L’entité sioniste exige, dans le cadre de ces négociations, le désarmement du Hezbollah, l’une des forces de résistance les plus puissantes et les plus redoutées au monde.

Toutefois, cette exigence soulève de nombreuses questions sur la souveraineté du Liban, le rôle stratégique de la résistance, et l’équilibre de force régional face aux ambitions expansionnistes israéliennes et à l’ingérence occidentale.

Dans un contexte géopolitique aussi tendu, la question qui mérite réflexion est la suivante : que resterait-il du Liban sans la résistance libanaise, et en particulier sans le Hezbollah ? Le pays, déjà fragilisé par des décennies de guerre, de divisions internes et d’influences extérieures, se retrouverait sans défense face à une entité sioniste en quête d’hégémonie totale sur la région.

La résistance libanaise, incarnée par le Hezbollah, est en effet le seul moyen d’équilibrer les forces en présence dans une région où la domination israélienne et les interventions américaines sont omniprésentes.

Le Hezbollah est avant tout un mouvement né de la nécessité de défendre la souveraineté du Liban. Depuis sa fondation dans les années 1980, il s’est construit comme un acteur militaire et politique majeur, capable de repousser l’occupation israélienne et de maintenir l’indépendance nationale. Sa victoire en 2000, qui a conduit au retrait des forces israéliennes du sud du Liban, reste l’un des moments les plus marquants de l’histoire contemporaine du pays.

En l’absence de cette résistance, le Liban serait devenu une cible facile pour l’expansion sioniste, un terrain de jeu pour les puissances étrangères, et une nation sans véritable pouvoir face aux pressions régionales et internationales.

La résistance libanaise, loin d’être une simple force militaire, est un symbole de la lutte pour la dignité et la justice. Le Hezbollah a non seulement contribué à la protection du Liban, mais il est aussi devenu un acteur central dans la préservation de l’équilibre stratégique au Moyen-Orient. Sans lui, la situation de ce petit pays serait des plus précaires.

Le désarmement du Hezbollah, comme le réclame Israël, reviendrait à priver le Liban de son principal atout dans un environnement régional où l’agression israélienne reste une constante.

L’exigence israélienne de désarmer le Hezbollah s’inscrit dans une volonté plus large d’assujettir la région au contrôle d’Israël. L’entité sioniste, qui rêve d’une domination totale sur le Moyen-Orient, utilise son armée et ses alliances avec les États-Unis et leurs alliés pour mener des offensives militaires contre ses voisins, notamment contre la Syrie et l’Iran.

Ces derniers mois, Israël a intensifié ses attaques contre des positions iraniennes en Syrie, en tentant d’affaiblir son influence dans la région et de prévenir la montée en puissance de l’Iran, un acteur clé dans l’axe de résistance. Cependant, malgré une offensive militaire dévastatrice, Israël n’a pas réussi à atteindre ses objectifs stratégiques en Iran.

Cette défaite, sur le plan militaire et diplomatique, est un coup dur pour Benjamin Netanyahu, dont la politique d’agression semble désormais échappée au contrôle de ses alliés américains.

L’échec de l’offensive israélienne contre l’Iran révèle non seulement l’incapacité d’Israël à mener à bien ses objectifs, mais aussi l’importance croissante de l’Iran en tant que puissance régionale capable de soutenir les mouvements de résistance, dont le Hezbollah, dans leur lutte contre l’occupation israélienne.

Dans ce contexte, Israël ne se contente plus de menacer directement ses voisins ; il cherche aussi à déstabiliser les mouvements de résistance et à affaiblir tout contrepoids à ses ambitions. Le désarmement du Hezbollah, demandé par Israël, n’est donc qu’un moyen de garantir que la résistance libanaise ne puisse plus jouer son rôle de frein stratégique dans cette lutte.

Les pourparlers de Washington, organisés sous l’égide des États-Unis, témoignent de l’influence persistante de l’Occident dans la politique du Moyen-Orient. Cependant, il est devenu de plus en plus évident que la politique de pression américaine, qui a longtemps consisté à soutenir Israël et à affaiblir les mouvements de résistance, est de moins en moins efficace face à la réalité sur le terrain.

En particulier, l’allié traditionnel des États-Unis, Benjamin Netanyahu, semble désormais échappé à tout contrôle. Son incapacité à mener une guerre efficace contre l’Iran, soutenu par la résistance régionale, met en lumière les limites de l’hégémonie américaine dans la région.

Dans ce contexte, les pourparlers de Washington risquent de se transformer en une tentative vaine de faire pression sur le Liban, en utilisant le prétexte de la sécurité israélienne pour forcer un désarmement du Hezbollah. Cependant, cette approche ignore la réalité géopolitique complexe du Liban et du Moyen-Orient.

Le Liban ne peut pas se permettre de renoncer à son droit de résistance, surtout dans une région où l’entité sioniste cherche à imposer sa domination au prix de la stabilité de tous les pays voisins.

J.H.

Partage
  • 25 Avenue Jean Jaurès 1000 Tunis R.P - TUNIS
  • 71 331 000
  • 71 340 600 / 71 252 869