Les traducteurs tunisiens monteront-ils à nouveau sur le podium du Prix de la traduction Ibn Khaldoun et Léopold Sédar Senghor ? L’appel à candidatures pour l’édition 2026 vient d’être lancé.
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO) ont annoncé l’ouverture des candidatures pour la 19ème édition du Prix de la traduction Ibn Khaldoun et Léopold Sédar Senghor. Les traducteurs et institutions intéressés ont jusqu’au 30 juin 2026 pour soumettre leurs dossiers.
Consacré à la traduction entre l’arabe et le français, ce prix distingue chaque année un ouvrage littéraire ou relevant des sciences humaines et sociales, traduit dans l’un ou l’autre sens. Son ambition est claire : encourager la circulation des œuvres, favoriser le dialogue intellectuel et rapprocher deux espaces culturels étroitement liés par l’histoire et les échanges littéraires.
Doté d’un montant de 10.000 euros, financé à parts égales par l’OIF et l’ALECSO, le prix est attribué par un jury international. Au fil des éditions, il s’est imposé comme l’une des distinctions majeures dédiées à la traduction entre ces deux langues, mettant en lumière le travail souvent discret mais essentiel des traducteurs.
L’appel est ouvert non seulement aux traducteurs, mais aussi aux universités, instituts d’enseignement supérieur, centres d’études et de recherche, associations culturelles, unions professionnelles, personnalités reconnues dans les domaines concernés ainsi qu’aux maisons d’édition du monde arabe et de l’espace francophone.
Modalités de participation
Pour la session 2026, chaque candidat peut présenter un seul ouvrage traduit de l’arabe vers le français ou du français vers l’arabe. L’œuvre doit être publiée par une maison d’édition arabophone ou francophone et constituer la première traduction récente de l’ouvrage original, parue au maximum dans les trois années précédant l’appel à candidatures.
« Les textes dactylographiés, photocopiés ou autoédités ne sont pas acceptés et les candidatures à titre posthume ne sont pas recevables. Les postulants doivent également joindre un curriculum vitae ainsi qu’une présentation de leurs travaux de traduction, mettant en évidence leur contribution à une meilleure connaissance réciproque des cultures arabe et francophone », lit-on sur le site de l’OIF.
Les dossiers devront être transmis exclusivement par voie électronique au secrétariat du prix, accompagnés d’une copie de l’ouvrage traduit et de l’ouvrage original. La décision du jury est définitive et ne peut faire l’objet d’aucune contestation, ajoute la même source.
Faire circuler les voix
Les dernières éditions illustrent l’importance de cette récompense dans la diffusion des œuvres entre les deux langues.
La plus récente a distingué la traductrice française Stéphanie Dujols pour sa traduction de Je suis ma liberté de l’écrivain palestinien Nasser Abu Srour, publiée en 2025 aux Éditions Gallimard. Adapté de l’ouvrage original Hikayat Jidar (« Récit d’un mur »), paru en 2022 chez Dar Al Adab à Beyrouth, ce récit autobiographique relate l’expérience d’un prisonnier palestinien qui transforme le mur de sa cellule en confident et en miroir intime de sa quête de liberté intérieure.
En 2024 (17ème édition), la poétesse et traductrice Souad Labbize a été récompensée pour sa traduction en français du roman « Le Désastre de la maison des notables » de l’écrivaine tunisienne Amira Ghenim, publié aux Éditions Philippe Rey.
L’année précédente, en 2023 (16ème édition), le prix est revenu à la traductrice tunisienne Samia Kassab-Cherfi pour la traduction du roman « Barg Ellil » de l’écrivain tunisien Béchir Khraïef, œuvre majeure de la littérature tunisienne publiée pour la première fois en 1961.
À travers ces distinctions, le Prix de la traduction Ibn Khaldoun et Léopold Sédar Senghor confirme son rôle de pont culturel entre deux grandes aires linguistiques, où la traduction devient un espace privilégié de dialogue, de découverte et de partage des imaginaires.
Davantage d’informations sur les modalités de candidature sont disponibles sur le site de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences.
Imen. A.

