Par Imen Abderrahmani
Huit rendez-vous sont à l’affiche de la 8ème édition des « Nuits de Ramadan » à Sousse, annoncée du 26 février au 8 mars et faisant la part belle aux artistes tunisiens.
Comme d’autres villes du pays, Sousse fait du mois saint un temps de rencontre entre spiritualité, mémoire patrimoniale et expression artistique. Ainsi, pour cette 8ème édition de son festival ramadanesque, les organisateurs ont choisi de miser sur trois espaces culturels afin d’insuffler une dynamique artistique à la ville et de cibler différents publics.
Portée par le Commissariat régional des affaires culturelles de Sousse, la manifestation investira les scènes du Théâtre municipal de Sousse, la maison de la culture Ali Douagi et la coupole du musée El Kobba, joyau de la médina de Sousse, célèbre pour son dôme plissé en zigzag unique en Tunisie. Les deux soirées prévues dans cet espace extraordinaire, chargés d’histoires et témoin de l’ingéniosité de ses bâtisseurs sera une bonne occasion pour échanger sur l’histoire de quelques monuments qui font le charme de la médina de Sousse, et sur les mécanismes permettant non seulement sa sauvegarde mais aussi sa valorisation et sa promotion.
Figure majeure du malouf tunisien, Zied Gharsa donnera le 26 février au Théâtre municipal de Sousse le ton, proposant au public un bouquet de malouf et « mouachahat » et une bonne sélection de ses propres chansons. Une soirée placée sous le signe de l’authenticité, de la mémoire et de cette tradition musicale qui continue d’émouvoir toutes les générations.
Le 2ème rendez-vous qu’accueillera La coupole du musée El Kobba (Médina de Sousse) sera dédié au « Nay » avec un spectacle de Nabil Abdelmoula. « L’art du nay » ainsi s’intitule ce concert qui mettra en lumière la dimension contemplative de cet instrument considéré parmi les plus anciens instruments encore en usage, et dont les sonorités épousent l’atmosphère méditative du Ramadan.
Un seul rendez-vous international est annoncé : Le 28 février à la Maison de la culture Ali Douagi avec à l’affiche le quintette du virtuose turc Aytaç Dogan, maître du qanûn, dont le style unique et la technique à un seul plectre lui valent une reconnaissance mondiale. Sa musique mêle traditions turques, influences arabes et accents jazz contemporains.
Le tarab, à chacun sa recette !
La manifestation proposera, le 5 mars, un rendez-vous mettant à l’honneur des artistes de la ville. Le Chœur de la ville de Sousse, dédié au malouf et à la musique andalouse, se produira sous la direction de l’artiste Fethi Bousnina, invitant les mélomanes à un voyage rythmé à travers un répertoire de chansons et de « mouachahat ».
Toujours au Théâtre municipal de Sousse et avec ces chansons du bon vieux temps, ces chansons quoi ont façonné la mémoire musicale tunisienne, le public est invité à un rendez-vous réunissant l’Orchestre Symphonique de la ville de Sousse et deux artistes de talent Lotfi Bouchnak et Mohamed Ben Salah. Cette rencontre inédite est le fruit d’un projet ambitionnant de conjuguer puissance orchestrale et intensité émotionnelle propre au tarab.
L’Association de musique arabe de Sousse proposera « Trésors du Tarab » avec la participation de Chokri Omar Hannachi et ce le 7 mars au Théâtre municipal de Sousse, tandis que la chanteuse Roaa Nasser présentera, le 8 mars, sous la Couple du musée El Kobba, « Qanadil ».
La clôture sera théâtrale avec une création qui résonne bien ces derniers mois « Les fugueuses » de Wafa Taboubi. Création du Théâtre National Tunisien, l’œuvre a remporté le Tanit d’or des Journées théâtrales de Carthage (JTC), le Grand Prix du Meilleur Spectacle (Prix Cheikh Dr Sultan Bin Mohamed Al Qasmi) lors de la 16ème édition du Festival du Théâtre Arabe en janvier 2026 et le prix de la meilleure œuvre à la 3ème édition du Festival National du Théâtre Tunisien « Saisons de la création ».
Imen. A.

