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Jaou Tunis : quand les images font corps avec la Médina

Un vent singulier a soufflé sur la Médina de Tunis lors de l’ouverture de la 8ème édition de Jaou Tunis. Avec l’exposition « Becoming the Ocean » (« Devenir un océan »), la Biennale a accueilli pour la première fois en Tunisie la Biennale de l’image en mouvement de Genève, dans une rencontre entre patrimoine, mémoire et création contemporaine.

À la Caserne El Attarine, partiellement restaurée pour l’occasion, les 16 vidéo-installations d’artistes internationaux ont investi les salles voûtées, interrogeant les frontières, les appartenances et les fractures qui traversent nos sociétés. Pour Kamel Lazaar, président de la Fondation éponyme, ce dialogue entre la Médina et les formes contemporaines relève d’une confiance dans le pouvoir réparateur de l’art. Andrea Bellini, directeur du Centre d’Art Contemporain Genève et co-commissaire de l’exposition, a également souligné la portée de cette aventure commune. La collaboration entre les deux institutions marque une première : la coproduction de la Biennale genevoise hors de Suisse.

Dans ce cadre chargé d’histoire, l’artiste et compositrice d’origine aymara Chuquimamani Condori, également connue sous le nom d’Elysia Crampton, a présenté « Sunset », une performance sonore autour du motif du coucher de soleil.

La biennale s’est ensuite déployée dans d’autres lieux emblématiques de la Médina. Au Centre culturel Bir Lahjar, poésie, récits d’exil et archives ont donné voix à de jeunes créateurs, à travers notamment les propositions de Rita Elhaj, Trân Trân et Orfeo Aurora Lili.

À l’église Sainte-Croix, Zein Majali a présenté « Would You Still Love Me If I Was a Swarm », une performance mêlant sons, images générées et archives pour interroger la surveillance et les espaces de circulation de l’information dans la société jordanienne.

La soirée s’est poursuivie au 4e Art avec « C!S-TEM ERROR. The H in My Name Is Not Silent », du chorégraphe libanais Nadim Bahsoun. Entre danse, chant et narration, l’artiste a exploré la violence, le déracinement et la résilience à travers les récits de sa grand-mère.

De la Caserne El Attarine aux espaces culturels de la Médina, cette journée inaugurale a fait du patrimoine un partenaire vivant de la création. Une invitation à repenser les frontières et les mémoires pour mieux « devenir un océan ».

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