Pour la première fois de son histoire, la Biennale de l’Image en Mouvement quitte la Suisse pour s’installer à Tunis et plus précisément à la Caserne d’El Attarine, au coeur de la Médina de Tunis. Détails.
La Fondation Kamel Lazaar (KLF), basée à Genève et à Tunis, et le Centre d’Art Contemporain Genève ont annoncé la tenue de l'exposition internationale « Becoming the Ocean », déclinaison de la Biennale de l'Image en Mouvement 2026 (BIM'26), du 24 octobre au 22 novembre 2026 à la Caserne El Attarine, au cœur de la Médina de Tunis.
Cette exposition s'inscrit dans le cadre de la huitième édition du festival JAOU Tunis, programmée du 14 octobre au 15 novembre 2026. Elle marque un jalon historique pour la Biennale de l'Image en Mouvement, créée à Genève en 1985, qui sera présentée pour la première fois hors de Suisse avant d'entamer une tournée internationale passant par Genève, Venise et Bruxelles.
Placée sous le commissariat conjoint de Lina Lazaar, vice-présidente de la Fondation Kamel Lazaar, et d’Andrea Bellini, directeur du Centre d'Art Contemporain Genève, l’exposition réunira seize artistes émergents et confirmés issus d'Afrique, du monde arabe, d'Amérique latine, d’Asie et de leurs diasporas. Chacun présentera une œuvre inédite, produite grâce à un soutien institutionnel dédié.
Les artistes invités sont Tabarak Allah Abbas, Younès Ben Slimane, Mona Benyamin, S.A. Chavarria, Leena Habiballa, Roman Selim Khereddine, Zein Majali, Alaa Mansour, Paulo Nazareth, Diane Severin Nguyen, Liv Schulman, Hildegard Titus, Natasha Tontey, Castiel Vitorino Brasileiro, Hajra Waheed et Sarah Zeryab. Le Centre d’Art Contemporain Genève a d’ores et déjà dévoilé un premier aperçu des recherches menées par l’artiste tunisien Younès Ben Slimane et l’artiste palestinienne Mona Benyamin.
Le projet est porté par un comité de sélection international composé de Mohamed Almusibli, Shumon Basar, Fatma Cheffi, Adam Haj Yahia, Xue Tan et Eyal Weizman, aux côtés des deux commissaires de l'exposition.
Dans l’océan de Gibran Khalil Gibran
Intitulée « Becoming the Ocean » (« Devenir l'océan »), la biennale puise son inspiration dans une allégorie attribuée à l’écrivain et poète libano-américain Gibran Khalil Gibran. Le récit évoque un fleuve qui, redoutant de disparaître en rejoignant la mer, découvre que cette traversée représente au contraire une transformation et une ouverture vers une interdépendance indispensable à la survie.
Cette réflexion s’articule autour du concept psychologique d'« extinction burst » (« pic d’extinction »), qui désigne l’intensification d’un comportement avant sa disparition. Les œuvres présentées interrogent ainsi les mutations du monde contemporain à travers les questions de frontières, de surveillance, de crise écologique, de migrations et de persistance des héritages coloniaux.
Le choix de la Caserne El Attarine, ancien édifice militaire du 19ème siècle situé dans la Médina de Tunis, participe pleinement de cette démarche curatoriale. Les organisateurs entendent mettre en dialogue l’histoire du lieu avec des pratiques artistiques façonnées par les conflits, les déplacements de populations, les mutations technologiques et les enjeux de mémoire.
Au-delà de l’exposition, ce partenariat entre la Fondation Kamel Lazaar et le Centre d'Art Contemporain Genève ambitionne d’installer durablement en Afrique une plateforme de création et de réflexion dédiée aux scènes artistiques du Sud global et de leurs diasporas. L'événement sera accompagné d'un programme de rencontres publiques ainsi que d'une publication coéditée par les deux institutions.

