Un huis clos sous tension où les mots font ressurgir les blessures enfouies. « Essabat » (qu’on traduit par « Les chaussures »), mise en scène par Mounir Argui, est présentée aujourd’hui à 17h00 au théâtre El Hamra.
Une mère, une fille et une soirée qui pourrait être la dernière. Avec « Essabat », Mounir Argui met en scène une confrontation intime où se dévoilent les rêves avortés, les désirs refoulés et les rapports de pouvoir qui traversent la cellule familiale.
Scénographiée et mise en scène par Mounir Argui, sur un texte et une dramaturgie de Safia Trabelsi, la pièce est adaptée de « Goodnight Mother » de l’autrice américaine Marsha Norman, récompensée par le prix Pulitzer en 1983.
Tout commence par une annonce bouleversante. Une jeune femme confie à sa mère son intention de mettre fin à ses jours avant la fin de la soirée. Le temps se resserre. Face à cette décision, la mère tente de comprendre, de convaincre et de retenir sa fille. Le dialogue devient alors une confrontation où chacune se mesure à l’autre, mais aussi à ses propres vérités.
Au-delà de cette situation extrême, « Essabat » explore les tensions qui façonnent les relations familiales, les attentes imposées, les frustrations accumulées, les aspirations contrariées et les paroles restées trop longtemps prisonnières du silence. Espace d’amour et du dialogue, la famille devient aussi l’espace où s’exercent des formes de pouvoir, parfois insidieuses. Jusqu’où peut aller le désir de protéger l’autre sans empiéter sur sa liberté ?
Sur scène, Safia Trabelsi et Amel Béjaoui portent ce face-à-face sous la direction de Mounir Argui. À travers cette soirée suspendue, « Essabat » interroge les liens familiaux, le poids de l’héritage affectif et la quête de liberté individuelle. Une confrontation où ce qui n’a pas été dit finit par occuper toute la place.
Imen.A.

