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Festival international du cinéma de la femme et des jeunes de Djerba : Un rendez-vous qui donne voix aux femmes et aux jeunes

Par Imen Abderrahmani

Films en compétitions et d’autres hors-compétition, ateliers, master-class et hommages rythmeront la 12ème  édition du Festival international du cinéma de la femme et des jeunes de Djerba, qui aura lieu du 24 au 27 octobre, avec 68 films au programme.

 

Une nouvelle édition avec de ambitions renouvelées pour faire de Djerba, un carrefour des cinémas et des talents.  Placée sous la direction d’honneur de l’acteur tunisien Mohamed Ali Ben Jemaâ, cette 12ème édition accorde une place centrale aux femmes et aux jeunes dans la création audiovisuelle. Mais, au-delà de la programmation, le rendez-vous répond à un enjeu culturel majeur, en élargissant l’accès au cinéma en dehors des grands pôles urbains.

En proposant au public de Djerba des œuvres venues de nombreux horizons et en multipliant les occasions de rencontre et de formation, le festival participe à la diversification de l’offre culturelle dans le Sud tunisien. Elle ouvre aussi de nouvelles perspectives au tourisme culturel, invitant à découvrir Djerba autrement, entre art cinématographique, patrimoine vivant et mémoire insulaire, sur une île désormais inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.

Lancé en 2014 à Médenine sous le nom de Festival international du film documentaire et du court-métrage, le rendez-vous a progressivement élargi sa programmation aux longs- métrages, à la fiction et aux films destinés aux enfants. Organisé à Djerba en 2024, à l’occasion de sa dixième édition, puis en 2025, il a également renforcé ses activités de formation et diversifié ses ateliers. Avec l’adoption, cette année, de sa nouvelle appellation, le Festival international du cinéma de la femme et des jeunes de Djerba, traduit cette évolution en plaçant les femmes et les jeunes générations au cœur de son projet. Comme le souligne son site officiel, au-delà du festival, c’est un mouvement qui entend faire émerger de nouveaux regards et transformer les récits.

68 films, 68 regards

Invitée d’honneur, l’Inde sera au centre d’une programmation ouverte à de nombreuses cinématographies. L’Égypte, la Palestine, l’Algérie, le Maroc, l’Irak, la Syrie, l’Iran, le Canada, la France, l’Argentine, la Corée du Sud, la Turquie, l’Uruguay, la Suisse, l’Indonésie, l’Arménie, les Pays-Bas et les États-Unis figurent parmi les pays présents à cette édition.

S’agissant de la compétition officielle qui comprend au total 39 œuvres, elle se décline en quatre catégories : documentaire, fiction, films d’écoles de cinéma et films destinés au jeune public. Les œuvres concourront notamment pour la Phalère d’or, dans la catégorie documentaire, et le Phare d’or, pour la fiction. Le palmarès comprendra également des prix du jury, de la réalisation, du montage et de l’interprétation, ainsi que le prix de l’Union générale des artistes arabes du meilleur film de fiction arabe. Des projections hors compétition compléteront le programme.

La professeure de cinéma tunisienne Lamia Belkaïd Guiga présidera le jury de fiction, aux côtés du réalisateur saoudien Omar Al-Jasser et du scénariste égyptien Abdel Rahim Kamal. La critique de cinéma Pascale Fakhri, d’Allemagne, conduira le jury documentaire, avec l’acteur et réalisateur algérien Issam Taachit et la journaliste palestinienne Fidaa Nasr. Le réalisateur syrien Mohannad Kalthoum présidera, quant à lui, le jury des films d’écoles, aux côtés de la journaliste égyptienne Doaa Fouda.

La formation au cœur de cette édition

Le festival entend également faire du cinéma un espace d’apprentissage et d’expérimentation. Au complexe de jeunesse de Midoun, le scénariste égyptien Abdel Rahim Kamal animera une master-class consacrée à l’écriture scénaristique. À la bibliothèque publique de Houmt Souk, le réalisateur tunisien Imed Oueslati encadrera un atelier autour du cinéma de marionnettes, tandis que le critique Kamel Ben Ouanes proposera un atelier sur « L’excellence dans l’écriture et la réalisation cinématographiques ».

Les enfants et les adolescents seront eux aussi invités à explorer les coulisses de la création avec « Racontons notre histoire : du réel au film documentaire », un atelier de deux jours animé par le réalisateur tunisien Anis Lassoued.

Le volet professionnel et réflexif s’articulera autour de deux rendez-vous. Une table ronde sera consacrée à « La stratégie de structuration et de développement des festivals de cinéma », tandis qu’une conférence explorera « Le rôle de la femme dans la fabrication de l’image cinématographique », une thématique qui fait écho aux nouvelles orientations du festival.

Le festival rendra également hommage à plusieurs figures du cinéma arabe et tunisien, dont nous citons : l’Égyptienne Dalia Mostafa, le Saoudien Omar Al-Jasser, ainsi que les artistes tunisiens Jamel Madani, Dorra Zarrouk, Afef Ben Mahmoud et Salwa Mohamed.

Le programme prévoit également un prix initié par le gouvernorat de Médenine, destiné à récompenser le meilleur court-métrage scolaire ou le meilleur spot publicitaire consacré à la lutte contre la drogue et à la prévention de ses risques. Cette initiative entend mobiliser la création audiovisuelle au service de la sensibilisation, notamment auprès des jeunes.

Imen A

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