De Moron de la Frontera aux grandes scènes internationales, Dani de Moron porte une guitare flamenca qui connaît ses racines sans s’y enfermer. Le musicien espagnol se produira demain, à Tunis, dans le cadre des Journées Musicales de Carthage.
Il suffit parfois de quelques cordes pour raviver une mémoire, préserver un héritage et raconter une passion. Pour Dani de Moron, elles racontent aussi une histoire de transmission et de renouvellement, celle d’un musicien qui s’est construit dans l’intimité du flamenco avant d’en explorer les prolongements. Une belle aventure qu’il partagera, demain, avec les mélomanes. Le rendez-vous avec ce guitariste espagnol de renommée internationale s’annonce tout feu, tout flamme, à la croisée de la tradition flamenca, des influences contemporaines et des nouvelles écritures musicales.
Originaire de Moron de la Frontera, en Andalousie, haut lieu de la tradition guitaristique flamenca, il se forme dans l’entourage de Matilde Coral, grande figure du baile. Cette immersion initiale dans la tradition accompagne ensuite un parcours marqué par les rencontres et les collaborations.
José Mercé, Concha Buika, Antonio Canales et Patricia Guerrero figurent parmi les grands noms avec lesquels il a travaillé, affûté son talent et nourrit sa passion. Il accompagne également La Susi, El Potito, Guadiana, Montse Cortés et Arcangel. De ces collaborations expériences, l’artiste a su développer son travail de guitariste et créer son propre style.
Puis Paco de Lucia entre dans son parcours. Dani de Moron l’accompagne comme seconde guitare lors de la tournée « Cositas Buenas ». Une étape majeure qui lui ouvre une nouvelle dimension et contribue à renforcer sa présence sur la scène internationale.
Une vision et des distinctions
Les distinctions viennent ensuite jalonner cette trajectoire. En 2006, il reçoit le Prix « Flamenco Hoy » du meilleur accompagnement au chant pour « Ropavieja d’Arcangel ». En 2012, il décroche le « Giraldillo del Toque » de la Biennale de Flamenco de Séville et le Prix national de la critique pour le meilleur album de guitare flamenca solo. Il sera par la suite lauréat de deux « Giraldillos » et nommé aux « Latin Grammy Awards » en 2018 pour son œuvre phare intitulée « 21 ».
Mais c’est peut-être dans sa manière d’élargir le vocabulaire de son instrument que se trouve l’essentiel de sa démarche. Dani de Moron fait dialoguer la guitare flamenca avec le jazz et les musiques du monde, sans rompre avec le caractère de son langage originel. Ses albums « Cambio de Sentido » et « El Sonido de mi Libertad » témoignent de cette recherche. Avec Alfredo Lagos, il imagine également « 12 Cuerdas », un projet de guitare solo qui explore les possibilités du dialogue entre deux instruments.
À Tunis, cette démarche trouvera un nouvel espace d’écoute dans le cadre des Journées Musicales de Carthage (JMC), qui réunissent des artistes venus de Tunisie, de Méditerranée, du monde arabe, d’Afrique et d’Europe. Il est à rappeler ainsi que la participation espagnole bénéficie du soutien de l’Ambassade d’Espagne en Tunisie et de la Délégation de l’Union européenne en Tunisie.
Le rendez-vous est pour demain, le 10 octobre à 15h, au Théâtre des Jeunes Créateurs, à la Cité de la Culture. Une guitare, quelques cordes, et tout un héritage qui continue de se réinventer au présent.
Imen.A.

