Un Capitole romain et une basilique vandale viennent d’être mis au jour à Henchir Matria, près de Teboursouk. Une découverte qui éclaire à la fois l’organisation urbaine et la vie religieuse de l’antique Numluli.
À Henchir Matria, au nord de Teboursouk, les pierres continuent de livrer leurs secrets. Sur le site de la cité antique de Numluli, une campagne archéologique tuniso-italienne vient de mettre au jour deux ensembles majeurs. Il s’agit d’un Capitole datant de l’époque romaine et d’une basilique construite plusieurs siècles plus tard, à la période vandale.
Menés du 6 septembre au 4 octobre 2026 par l’Institut national du patrimoine (INP), dans le cadre d’une convention de coopération internationale avec l’Université de Sassari en Italie, les travaux ont réuni chercheurs et étudiants de différents niveaux universitaires. Une collaboration qui a permis d’explorer les deux principaux secteurs de la cité, tout en contribuant à leur étude et à leur mise en valeur.
La Cité livre ses secrets
Le premier secteur a livré les vestiges d’un Capitole construit en 170 après J.-C. L’édifice s’inscrivait au cœur de l’espace public de Numluli et témoigne de l’importance de la cité durant la période romaine.
Les archéologues ont notamment dégagé une partie du dallage de la place publique ainsi qu’une fontaine. Les fouilles ont également révélé de nombreux éléments architecturaux et décoratifs appartenant au temple : chapiteaux, fragments de colonnes, décors géométriques et fragments de statues.
Ces vestiges, par leur diversité, permettent de mieux restituer l’architecture et l’ornementation de cet ensemble monumental. Au-delà des objets eux-mêmes, ils donnent aussi à voir l’organisation d’une cité où l’espace public et les édifices religieux occupaient une place centrale.
À quelques siècles de distance, le second secteur raconte une autre étape de l’histoire de Numluli. Il s’agit d’une basilique vandale construite au milieu du Ve siècle après J.-C., dans un contexte où les usages et les paysages urbains de l’Afrique romaine connaissent d’importantes transformations.
La basilique abrite plusieurs sépultures attribuées à des notables chrétiens. Les fouilles ont également permis de dégager différentes salles et des structures murales, ainsi que des jarres funéraires. D’autres jarres, implantées verticalement dans le sol, étaient destinées au stockage des provisions, apportant un éclairage sur les usages domestiques et les pratiques de conservation des ressources.
Le secteur a par ailleurs livré des panneaux de mosaïque, ajoutant une nouvelle dimension à cet ensemble architectural et religieux.
Numluli contre l’oubli
Du Capitole romain à la basilique vandale, les découvertes de Henchir Matria donnent à lire, dans la pierre, plusieurs siècles d’évolution d’une même cité. Les vestiges témoignent des transformations architecturales, religieuses et sociales qui ont marqué Numluli, tout en rappelant la richesse archéologique de cette région du nord-ouest tunisien.
La campagne menée avec l’Université de Sassari illustre également l’intérêt de la coopération scientifique internationale pour approfondir la connaissance des sites antiques tunisiens. À Numluli, chaque nouvelle fouille ne fait ainsi pas que dégager des vestiges, contribuant à recomposer, fragment après fragment, l’histoire d’une cité aujourd’hui silencieuse, mais dont les pierres continuent de parler.

