Par Imen Abderrahmani
À Tozeur, le théâtre sort des salles et investit la ville et ce à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 17 octobre, grâce à ces Rencontres théâtrales du Sud. Des représentations dans les rues, les places et les lieux emblématiques de la ville sont déjà annoncées.
Pour sa deuxième édition, les Rencontres théâtrales du Sud placent « La ville et le théâtre » au cœur de leur programmation.
Portée par le Centre des arts dramatiques et scéniques de Tozeur, la manifestation entend élargir l’offre culturelle au-delà des rendez-vous habituels et rapprocher le spectacle vivant des publics en investissant différents lieux de la ville, du Parc Al Baraka à la colline de Ras El-Aïn, en passant par les cafés, les espaces touristiques et les places publiques. Une démarche qui déplace le théâtre hors de ses cadres traditionnels pour placer l’artiste au plus près des habitants et faire de la ville elle-même un espace de rencontre et de représentation.
Pendant deux semaines, et à partir d’aujourd’hui, spectacles théâtraux, propositions chorégraphiques, lectures poétiques et concerts puisant dans la tradition de la région composeront un parcours artistique à travers Tozeur, semant de la joie dans les rues et les ruelles de la ville.
Le coup d’envoi de la manifestation sera donné aujourd’hui à 18h, avec un spectacle de rue qui investira l’avenue Habib-Bourguiba et invitera le public à entrer d’emblée dans l’univers des Rencontres. À l’affiche, une création réunissant le percussionniste et chercheur tunisien Brahim Bahloul et les « tabala » (joueurs de tabla) de Tozeur. Une rencontre autour des rythmes et des sonorités de la région, conçue comme une exploration de son patrimoine musical et de ses expressions traditionnelles. Il est ainsi à noter que la cérémonie officielle d’ouverture aura lieu à 20h00, au musée Dar Cheraït, avec une lecture poétique et un concert de la troupe Ajras, sous la direction de l’artiste et du chercheur Adel Bouallègue.
Cette programmation prend une résonance particulière à l’approche du 9 octobre, date anniversaire de la disparition d’Abou Al-Kacem Chebbi, né à Tozeur le 24 février 1909 et mort à Tunis en 1934. Un hommage musical lui sera rendu le même soir à 20h, sur la colline de Ras El-Aïn, par l’Orchestre symphonique de Carthage, dirigé par Hafedh Makni.
Une ville et des voix
Le programme offre à voir également une riche sélection de pièces de théâtre des troupes régionales comme des productions nationales comme « Confidence » de Abdelkader Ben Said et « Sogra-une étoile dans le ciel » de Hatem Derbal, qui a été au programme des « Saisons de la création 2025 » et l’édition précédente des Journées Théâtrales de Carthage (JTC).
Au-delà de cette deuxième édition, la manifestation s’inscrit dans le travail mené depuis 2018 par le Centre des arts dramatiques et scéniques de Tozeur.
Entre formation, création et animation culturelle, le centre a donné naissance à deux œuvres, « 18 octobre » et « La fuite du repentir », et lancé la revue « Empreintes ». Il a également initié les Rencontres de Tozeur, consacrées au roman et au théâtre, avant de créer les Rencontres théâtrales du Sud, dont la première édition a été organisée en collaboration avec le Théâtre National Tunisien (TNT).
En cette saison riche en couleurs et en saveurs, au temps de la récolte des dattes, Tozeur retrouve naturellement l’écho de ses grandes voix, de la poésie romantique de Chebbi aux « dattes dans son régime » de Béchir Khraïef. Le théâtre s’inscrit à son tour dans ce paysage vivant, faisant de la ville un espace où se rencontrent mémoire, création et imaginaire.
Imen. A.

