Par Imen Abderrahmani
Les villes de Nabeul et Hammamet accueillent, du 3 au 7 octobre, la 7ème édition de « Regards de Femmes », un festival qui met la création féminine et la diversité des regards au cœur de sa programmation.
« Éh… il y a de l’espoir ». Emprunté à une chanson de Fairouz, le slogan de cette septième édition résonne comme une invitation à regarder autrement.
Organisé par la Fédération tunisienne des ciné-clubs, sous l’égide du ministère des Affaires culturelles et avec le soutien du Centre national du cinéma et de l’image (CNCI), le festival déploie une programmation où se croisent compétition, hommage et accompagnement à la création.
Au cœur de cette édition, la compétition officielle réunit 19 films réalisés par 19 femmes cinéastes venues de neuf pays arabes : Tunisie, Algérie, Maroc, Libye, Palestine, Égypte, Jordanie, Syrie et Liban. Une sélection qui traverse les genres et les écritures, du documentaire à la fiction, et qui donne à voir des récits, des expériences et des sensibilités multiples.
La Tunisie y sera représentée par trois œuvres : le documentaire « Tomates maudites » de Marwa Tiba, ainsi que les fictions « Salopette » de Ferial Ben Boubaker et « Éphémère » de Sara Ben Ammar.
Présidé par le cinéaste égyptien Yousry Nasrallah, le jury réunit les comédiens tunisiens Souhir Ben Amara et Ghanem Zrelli, la réalisatrice marocaine Khaoula Assebab Ben Omar et la cinéaste libyenne Jihan El Kheikhiya.
Quoi de neuf ?
Le festival ouvre également un espace à celles qui sont encore au seuil du premier film, avec le Pitching Lab (Développement et présentation de projets de films), annoncée du 4 au 7 octobre. Dirigé par le réalisateur, scénariste et producteur tunisien Ibrahim Letaïef, cet atelier accompagnera huit porteuses de projets venues de cinq pays arabes.
Les projets seront travaillés autour de la note d’intention, du développement artistique et de la présentation orale devant des professionnels.
La Tunisie y présente quatre projets : « House of Eyelashes » de Dhouha Touihri, « Ah Ah Ya Habiba » de Mariam El Fouzaï, « Baba » d’Ines Naghmouchi et « Behind the Glass » de Feryel Boubaker. S’y ajoutent « Everything Will Be Fine Tomorrow » de Rafka Maria Helou pour le Liban, « The Day You Left » de Marwa Nasr Ahmad pour l’Égypte, « One Man’s Trash » de Joyce Oska pour la Syrie et « The Wrist Tie » de Marah Suhaib pour la Jordanie.
Autre temps fort de cette édition, l’hommage rendu à la cinéaste libanaise Heiny Srour, désignée « cinéaste partenaire ». Sociologue et anthropologue de formation, elle est entrée dans l’histoire du cinéma arabe et international en devenant, en 1974, la première femme du tiers-monde sélectionnée en compétition officielle à Cannes, avec « L’Heure de la libération a sonné ».
De l’œuvre déjà achevée au projet encore en devenir, « Regards de Femmes » poursuit son chemin en faisant du regard, justement, une matière à déplacer et en faisant du cinéma un lieu où les récits féminins puissent circuler librement.
Imen.A.

