Une table ronde consacrée à la formation aux métiers du patrimoine s’est tenue le 28 septembre sur le site archéologique d’Oudna, à l’initiative d’ANIMED, partenaire tunisien du projet DIEM, en partenariat avec l’Institut National du Patrimoine (INP).
Réunissant institutions publiques, universités, établissements de formation, gestionnaires de sites et acteurs du patrimoine, la rencontre a porté sur l’adéquation des compétences aux besoins du secteur et sur l’ancrage durable des formations dans les institutions tunisiennes.
Organisé dans le cadre du projet DIEM (Developing Inclusive Education in the Mediterranean), cofinancé par l’Union européenne via le programme « Interreg NEXT MED » 2021-2027, l’échange a notamment permis de présenter les premiers résultats d’une cartographie menée dans les six pays partenaires. L’étude recense 704 formations liées au patrimoine culturel, selon la classification internationale ISCED-CITE de l’UNESCO.
Elle fait notamment apparaître une présence encore limitée des compétences liées à la gestion du patrimoine dans les intitulés de formation, particulièrement dans les pays du Sud de la Méditerranée, ainsi que des écarts entre les systèmes nationaux de qualification, de crédits et de certification. DIEM privilégie ainsi des tables de correspondance entre les différents dispositifs, selon le principe que « harmoniser ne veut pas dire uniformiser ».
Une formation des formateurs dès octobre
La prochaine étape sera le lancement, à partir d’octobre 2026, d’une formation destinée aux formateurs du Groupe A. Après un kick-off prévu le 29 septembre, le programme comprendra dix séances hebdomadaires en ligne, d’octobre à décembre, complétées par des ateliers pratiques et un projet final entre janvier et mars 2027. Un atelier international en présentiel est également prévu en Jordanie en 2027, tandis que les parcours des Groupes B et C se poursuivront jusqu’en 2028.
En Tunisie, plusieurs établissements seront associés au dispositif, notamment la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba, l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Tunis, l’Institut Supérieur des Métiers du Patrimoine de Tunis, l’INP et l’Association de Sauvegarde de la Médina.
Ancrer les formations dans la durée
La table ronde a également été marquée par la signature de protocoles d’accord institutionnels, destinés à renforcer l’ancrage national du projet. Au-delà de la création de contenus pédagogiques, DIEM entend rapprocher les universités, institutions publiques, professionnels et communautés locales afin de construire un dispositif de formation davantage connecté aux réalités des sites patrimoniaux et aux besoins du marché de l’emploi.
Réunissant l’Italie, l’Espagne, la Jordanie, l’Égypte, la Palestine et la Tunisie, DIEM vise ainsi à développer un modèle de formation plus inclusif dans le domaine du patrimoine culturel, fondé sur des modules communs, des micro-certifications et une meilleure articulation entre formation, pratique professionnelle et employabilité.

