Imen ABDERRAMANI
Fondée à Tunis en 2005, Elyzad célèbre vingt ans d’une aventure éditoriale qui a porté ses livres bien au-delà de la Méditerranée. Quelques pages de l’histoire de cette maison devenue, au fil des années, un vrai repère est à découvrir cet après-midi, à 19h00, à l’Institut du Monde arabe à Paris.
Il y a vingt ans, Elisabeth Daldoul a fondé à Tunis, avec passion et patience une maison d’édition indépendante, qu’elle a nommé Elyzad, avec une ambition qui allait rapidement dépasser les frontières : publier des textes singuliers, faire dialoguer les imaginaires et accompagner des auteurs dont les écritures traversent les territoires et les appartenances.
Deux décennies plus tard, la maison d’édition s’est forgée une place dans le paysage littéraire francophone. Son catalogue, construit au fil des rencontres et des fidélités, accueille des écrivains de différents horizons et témoigne d’un même goût pour les œuvres qui déplacent les regards, interrogent les mémoires et donnent à entendre des expériences plurielles.
Pour marquer cet anniversaire et pour célébrer cette passion pour l’écriture, l’édition et la diffusion, l’Institut du monde arabe (IMA) invite celles et ceux qui ont accompagné l’histoire d’Elyzad à revenir sur son parcours, ses choix et les liens qui se sont noués autour des livres.
La première rencontre, intitulée « 20 ans de textes en partage », réunira Elisabeth Daldoul, Yamen Manai et Cécile Oumhani. Il sera question du projet fondateur de la maison, de son évolution et des orientations qui ont façonné son catalogue au fil des années, lit-on sur le site de l’IMA.
De la littérature tunisienne aux écritures venues d’autres horizons méditerranéens, Elyzad a progressivement construit un espace éditorial où se croisent les langues, les histoires et les géographies. Une démarche qui a contribué à sa notoriété, en Tunisie comme au-delà, et qui se mesure également à la réception de ses publications.
Ces livres qui ont franchi les frontières
La rentrée littéraire 2026 en apporte une nouvelle illustration avec Karim Kattan. Son roman « L’Éden à l’aube », publié chez Elyzad, connaît une nouvelle vie en anglais sous le titre « Eden at Dawn ». Traduit par Jeffrey Zuckerman et publié aux États-Unis par Restless Books, le livre figure dans la longue liste du « National Book Award for Translated Literature » 2026, parmi dix ouvrages retenus sur 159 titres soumis par leurs éditeurs.
Dans le même temps, « Septentrionale », nouveau roman de Karim Kattan, publié chez Elyzad en 2026, s’inscrit dans plusieurs sélections de la rentrée littéraire française, notamment celles du Prix Médicis, du Prix des Inrockuptibles, du Prix André Malraux pour la Littérature engagée… et du Prix de la littérature arabe. Le roman figure également dans la sélection du « Grand Prix des Lectrices ELLE ».
Le Prix de la littérature arabe marque d’ailleurs une présence particulièrement significative d’Elyzad cette année : deux de ses publications, « Septentrionale » de Karim Kattan et « Ici commence la terre » de Jadd Hilal, figurent dans la sélection 2026. Une reconnaissance qui fait écho à celle obtenue en 2022, lorsque « Bel abîme » de l’écrivain tunisien Yamen Manai, publié par Elyzad, avait remporté ce même prix.
Intitulée « Des voix et des liens, de livre en livre », la seconde partie de la rencontre s’intéressera précisément à cette relation qui se construit dans la durée entre un écrivain et sa maison d’édition. Vanessa Pécastaings, éditrice chez Elyzad, échangera avec Karim Kattan et Jadd Hilal sur cette dimension particulière du travail éditorial : accompagner un texte, mais aussi une œuvre et, parfois, un parcours.
La rencontre sera prolongée par des lectures de « Septentrionale » et d’ « Ici commence la terre ».
Vingt ans après sa création, Elyzad poursuit son chemin, faisant voyager les livres de Tunis vers d’autres horizons. Une aventure éditoriale portée par la même conviction que les livres savent rapprocher les rives et ouvrir de nouveaux passages.
I.A.

