contactez-nous au 71 331 000
Abonnement

Le festival « Tunis Tout Court » : Des images courtes, une mémoire longue

Par Imen Abderrhamani

Le festival « Tunis Tout Court » revient, du 1er au 4 octobre, pour une 14ème édition placée sous le signe du genre cinématographique. Seize courts-métrages, des rencontres et une réflexion sur la critique marqueront cette édition qui célèbre aussi les 40 ans de l’ATPCC.

 

Après six années d’interruption, puis une relance en 2025, « Tunis Tout Court » poursuit son chemin avec une nouvelle étape. Pour cette nouvelle édition, le festival investira le Centre des arts Africa, dans les locaux de l’ancienne salle Africa, avec 16 courts-métrages en compétition, des rencontres, des ateliers et une réflexion consacrée au genre cinématographique et à la critique.

Présentée avant-hier, par la réalisatrice et universitaire Ons Kammoun, présidente également de l’Association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC), cette 14ème  édition conserve la vocation qui accompagne le festival depuis ses débuts : donner une visibilité au format court tout en créant autour des œuvres un espace de dialogue.

Le changement d’adresse ouvre cependant un nouveau chapitre. Récemment ouvert aux spectacles vivants et aux projections, le Centre des arts Africa accueillera pendant quatre jours films, débats et rencontres avec les réalisateurs. Un cadre qui permettra de prolonger la projection par la parole et le regard critique.

Le genre comme fil rouge

Le « genre cinématographique » sera au cœur de cette édition. La question sera notamment abordée lors du séminaire « Le court métrage tunisien à l’épreuve du genre », prévu le samedi 3 octobre, à travers une réflexion sur les codes, les formes et les frontières qui structurent les récits cinématographiques contemporains, a précisé la présidente de l’ATPCC, lors du point de presse.

S’agissant de la compétition qui constitue le cœur battant de cet évènement, elle offre à voir 16 courts-métrages issus de l’appel à films lancé en juillet. Fiction, documentaire, animation et expérimentation composeront une sélection où se côtoient différentes écritures et sensibilités.

Au programme : « Casting » de Slim Sanheji, « Salopette » de Feryel Ben Boubaker, « Rhymes Weavers » de Salah Jday, « Saudade » d’Elyes Jeridi, « Sursis » de Tayaa Walid, « Sauver l’olivier » de Marwen Selmi, « Fadhel Jaziri, Work in Progress » de Faten Jaziri, « Al Wadiaa » de Hedy Krissaane, « Bord à bord » de Sahar El Echi, « Tissue » d’Anis Tounsi, « Je te ferai un film » d’Amani Jaafer, « The Image of Ants » de Mohamed Rachdi, « I’ve Known Rivers » de Saif Fradj et Esraa Elfeky, « On rougit d’abord de son crime, puis on s’y habitue » de Mariam Al Ferjani, « The Box » d’Amine Beldi et « Une journée presque ordinaire » de Slim Belhiba.

Dix distinctions sont prévues pour cette compétition qui tente d’encourager et de soutenir les réalisateurs des courts.

L’autre grand axe de cette édition est consacré à la critique cinématographique, alors que l’ATPCC célèbre cette année ses quarante ans. Le festival reviendra, à travers rencontres et échanges, sur quatre décennies de pratique critique, de revues, de textes et de débats qui ont accompagné l’évolution du cinéma tunisien. Le séminaire « 40 ans de critique cinématographique en Tunisie », annoncée pour le dimanche 4 octobre, sera consacré à cette histoire et à la place de la critique dans la vie cinématographique et culturelle.

La deuxième édition de la compétition d’articles critiques prolongera cette réflexion. Dix textes ont été retenus dans trois catégories : article scientifique, article journalistique et discours de réception en ligne. Ils abordent notamment le cinéma tunisien, ses relations avec les cinématographies algérienne et africaine, ainsi que les questions de représentation, de genre et de pouvoir.

Parmi les œuvres et figures étudiées figurent Nacer Khemir, « Les Silences du Palais » et « Fleur d’Alep », mais aussi des productions plus récentes telles que « Sophia », « Where the Wind Comes From », « Exil » ou « Bord à bord ».

Transmettre, écrire, regarder

La formation occupe également une place importante dans le programme. Deux ateliers accompagneront le festival : l’un consacré à la médiation culturelle, animé par Hedi Khelil, l’autre à l’écriture critique, dirigé par Tahar Chikhaoui.

Le meilleur article produit dans le cadre de cet atelier sera également distingué. Au-delà de la récompense, l’initiative entend offrir aux participants un espace d’apprentissage et d’expérimentation de l’écriture critique.

Cette dimension sera complétée par des échanges avec les réalisateurs des films en compétition. Le public pourra ainsi revenir sur les choix artistiques et les démarches qui ont présidé à la réalisation des œuvres.

L’ouvrage collectif « Le court-métrage tunisien post-2011 : Récits d’une génération en mouvement » sera au cœur d’une rencontre de présentation annoncée pour le 2 octobre. Consacrée à une production apparue dans un contexte de profondes transformations, cette publication revient sur les nouvelles écritures et les récits qui ont émergé depuis 2011.

Sous le signe de la reconnaissance

« La soirée d’ouverture, qui aura lieu le 1er octobre, sera dédiée à quatre cinéastes tunisiens disparus : Ahmed Bennys, Ali Labidi, Taoufik El Behi et Fadhel Jaziri », a souligné Ons Kammoun, passant en revue des contributions de ces quatre figures de proue tunisiennes à la scène culturelle et précisément cinématographique.

Le programme de cette soirée comportera ainsi la projection de « Mohammedia » (1974, 32’) d’Ahmed Bennys, « Histoire de l’histoire » (1982, 10’) d’Ali Labidi, « Train… Train » (2006, 8’) de Taoufik El Behi et « Fadhel Jaziri, Work in Progress » (2025, 12’) de Faten Jaziri.

À travers ces œuvres appartenant à des périodes différentes, le festival fait affleurer plusieurs générations du cinéma tunisien et inscrit sa nouvelle édition dans une continuité faite de mémoires, de transmissions et de regards.

La clôture sera marquée par la projection des courts- métrages de Fitouri Belhiba. Le programme du jour comporte également une master-class avec ce cinéaste tunisien qui s’est retiré de la scène et s’est éclipsé depuis quelques années. Une manière de faire circuler le regard entre héritage et création contemporaine et d’encourager le cinéaste à reprendre son caméra de nouveau.

Africa, un nouvel écrin

Le choix du Centre des arts Africa constitue enfin l’une des nouveautés de cette édition. En investissant les locaux de l’ancienne salle Africa, « Tunis Tout Court » s’installe dans un lieu chargé de mémoire cinématographique, aujourd’hui réinventé autour des arts vivants et de la projection, note le comité d’organsiation sur le dossier de presse.

Avec un budget annoncé d’environ 30 000 dinars, le festival poursuit son activité avec des moyens limités, mais autour d’une programmation qui associe création, transmission et critique.

Du court- métrage aux textes qui l’accompagnent, cette édition cherche ainsi à faire dialoguer plusieurs façons de regarder le cinéma. Car entre l’image projetée et le regard du spectateur, il y a aussi les mots : ceux du réalisateur, du critique et du public, qui prolongent le film au-delà de l’écran.

Imen ABDERRAMANI

** Prix et jurys


         - Compétition des films 

Grand Prix, prix de la réalisation, prix du meilleur scénario, prix de la meilleure image, prix du meilleur son, prix du meilleur montage, prix du meilleur décor, prix de la meilleure interprétation féminine, prix de la meilleure interprétation masculine et Prix du public.

-          Compétition critique

-          Prix de l’article scientifique, prix de l’article journalistique et prix du discours de réception en ligne, ainsi que Prix du meilleur article critique écrit durant le festival.

-          Jury des films

Tahar Chikhaoui (président) Narjes Torchani et Ikbal Zalila (membres).

-          Jury de la critique

 Sadok Hammami (président), Faouzia Mezzi et Kamel Ben Ouanès (membres).

 

Partage
  • 25 Avenue Jean Jaurès 1000 Tunis R.P - TUNIS
  • 71 331 000
  • 71 340 600 / 71 252 869
quickq官网下载quickq下载quickq vpn官网下载quickq vpn下载