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Nabiha Karaouli au Festival international de Carthage: Un retour triomphal d’une voix tunisienne authentique

Pour la Journée nationale de la femme tunisienne, Nabiha Karaouli a signé, au théâtre antique de Carthage, un retour triomphal, après seize ans de sa dernière apparition sur cette scène, devant un public conquis.

 

 

Avant même que Nabiha Karaouli n’investisse la scène, l’écran géant a rendu hommage, à travers une succession de photographies, à des femmes tunisiennes brillantes et pionnières dans différents domaines. Une manière de rappeler que cette soirée ne célébrait pas seulement une artiste, mais aussi une histoire collective faite de talents, de combats et de conquêtes.

La soirée s’est déroulée en présence de la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, de la ministre de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, Asma Jabri, ainsi que du président de l’Assemblée des représentants du peuple, Brahim Bouderbala. Le concert a par ailleurs été retransmis en direct sur la chaîne nationale Watania 1.

Seize années d’absence n’ont manifestement rien effacé. Le théâtre antique était archicomble pour accueillir Nabiha Karaouli, preuve éclatante d’une popularité qui ne s’est jamais démentie. Près de trois décennies de carrière, des tubes qui ont accompagné plusieurs générations et une relation particulière avec son public ont forgé cette fidélité.

Artiste passionnée et engagée, Nabiha Karaouli a construit son parcours loin des modes passagères, en restant profondément attachée aux sonorités tunisiennes et à la richesse du dialecte. Son répertoire, intimement lié à la mémoire musicale du pays, a ainsi retrouvé, dès les premières notes, une résonance intacte.

La chanteuse a choisi de consacrer entièrement la soirée à ses propres œuvres, puisant aussi bien dans ses albums des années 1990 et 2000 que dans ses productions les plus récentes. Entre ballades sentimentales et titres entraînants, le spectacle a déroulé une large fresque de son univers musical.

La mémoire en chansons

Le concert s’est ouvert avec « Metchawiga », titre éponyme de l’album sorti en 1999, avant d’enchaîner avec « Ken galbi ytawaani », issu de l’album du même nom paru en 1994. La chanteuse a ensuite revisité plusieurs de ses grands succès, parmi lesquels « Ma7leha », « Ija nkolek », « Choftek marra » et « Layam wel maktoub ».

Dans les gradins, les voix du public se sont rapidement mêlées à celle de l’artiste. Des spectateurs de tous âges ont repris les refrains en chœur, donnant à la soirée une dimension presque familiale.

La setlist s’est poursuivie avec « Hezz ayounek », « Wech », « Tnedili wenedik », « Mabrouka tetbarra », hommage poignant aux femmes victimes de violences conjugales, ou encore « Galouli jey ». Autant de titres qui ont traversé les époques sans perdre leur pouvoir émotionnel.

Le patriotique « Bledi » a donné lieu à un moment particulièrement symbolique : les enfants de la chorale de Sidi Sami ont rejoint Nabiha Karaouli sur scène, apportant au spectacle une touche de fraîcheur et de transmission.

L’artiste a également réservé une place à ses œuvres les plus récentes. Interprétée pour la première fois sur scène, « Yamma », hommage profondément émouvant à sa mère, a suspendu le temps quelques instants. La chanteuse a également présenté « Hedha eli bik » et « Layam », deux singles sortis il y a seulement deux mois, témoignant d’une volonté de continuer à créer et à se renouveler.

La soirée s’est achevée sur les rythmes de « Ye leli », dans une atmosphère festive, après plus de deux heures placées sous le signe du partage et de la nostalgie.

Consécration et responsabilité

Lors de la conférence de presse, Nabiha Karaouli a confié avoir vécu ce concert du 13 août comme une véritable consécration, venant couronner plusieurs décennies de parcours artistique. Mais cette reconnaissance s’accompagne, selon elle, d’une responsabilité : celle de continuer à chercher, à expérimenter et à innover.

Cette quête de renouvellement demeure au cœur de ses choix artistiques. Car si la chanteuse revisite avec bonheur les chansons qui ont construit sa carrière, elle entend également faire vivre son répertoire au présent.

À Carthage, Nabiha Karaouli n’a donc pas simplement célébré ses propres succès. Elle a fait dialoguer les époques, les générations et les sensibilités. Sa voix, portée par un public fidèle, a rappelé que la chanson tunisienne peut puiser dans sa mémoire sans cesser de se réinventer.

 

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