Par Imen Abderrahmani
La 9ème édition du Festival international du court- métrage « Cinétoile » s’achève aujourd'hui après avoir transformé la plage de Sidi El Mahresi à Nabeul et le Fort de Hammamet en salles de cinéma à ciel ouvert. Détails.
Ce soir, les dernières images se fondront dans le bleu de la Méditerranée. À la plage de Sidi El Mahresi, à Nabeul, le Festival international du court-métrage Cinétoile clôture sa neuvième édition, mettant un point final à plusieurs jours de projections gratuites, de rencontres et de formation qui auront fait dialoguer le cinéma avec deux lieux emblématiques du Cap Bon : le Fort archéologique de Hammamet et le rivage de Nabeul.
En investissant ces espaces ouverts, le festival poursuit un pari devenu sa signature depuis sa création en 2017 : sortir le cinéma de ses murs pour l’amener au plus près des citoyens. Ici, la plage remplace la salle obscure, les remparts d’une forteresse deviennent écran de projection et les étoiles se substituent au plafond. Le cinéma quitte son cadre habituel pour s’inscrire dans le paysage, au contact direct du public.
Cette démarche constitue l’une des grandes forces de « Cinétoile ». À une époque où l’accès aux salles demeure inégal selon les régions, le festival choisit de faire voyager les œuvres plutôt que d'attendre les spectateurs. Les projections gratuites, organisées dans des lieux ouverts à tous, permettent à un public familial, aux vacanciers comme aux habitants de découvrir des films d’auteur et des courts-métrages venus des quatre coins du monde. Une véritable démocratisation du cinéma qui redonne au septième art sa dimension populaire et fédératrice.
Le choix des deux sites n’a rien d'anodin. Le Fort de Hammamet, chargé d’histoire, et la plage de Sidi El Mahresi, ouverte sur la Méditerranée, offrent un dialogue singulier entre patrimoine, nature et création contemporaine. Les films s’y regardent autrement, portés par le bruit des vagues ou les pierres séculaires de la forteresse, dans une expérience qui dépasse la simple projection pour devenir un véritable moment de partage.
Présence internationale remarquable
Cette édition a une nouvelle fois confirmé le rayonnement international du festival. Plus d’une vingtaine de pays y étaient représentés, parmi lesquels la Tunisie, la Palestine, l’Iran, l’Allemagne, les États-Unis, l’Australie, la Croatie, l’Égypte, le Brésil, l’Espagne, la Libye, la Colombie, la Grèce, l’Arabie saoudite, le Bangladesh, le Mexique, le Maroc et l’Afghanistan. Une diversité qui témoigne de la vitalité du court- métrage comme langage universel. Des débats ont suivi les projections, permettant au grand public d’entrer en interactivité avec l’œuvre, à réagir en toute liberté.
Pour cette dernière soirée, la plage de Sidi El Mahresi accueille une ultime sélection de courts métrages internationaux avec « El Comita » de Mohamed Trabelsi (Tunisie), « The Price TheyPay »de MD ShadatHossain (Bangladesh-Pologne), « One of Them » de Mostafa Vaziri (Iran), « Camille et Chamäleon » de Lucie Nichlemann (Allemagne), « Emilia » de Franco Acosta (Mexique), « Mardazma » d’Amir MessoudSoheili (Afghanistan) et TradingCards de RadheyaJang (Australie-Grande-Bretagne). Les prix de la compétition internationale seront décernés par un jury composé d’AmiraDerwich, Sahar El Echi et ShawkiBoukef.
Nouveaux horizons
La dimension formatrice du festival s’est également illustrée avec le workshop consacré à la direction d’acteur devant la caméra, animé par l’actrice Najoua Zouhir à l’espace« Hammamet Art & Culture ». Pendant trois jours, les participants ont exploré les exigences du jeu face à la caméra à travers une formation mêlant pratique et échanges d'expérience.
Autre moment fort de cette édition, la « Carte blanche » accordée à l’Alexandria Short Film Festival, en Égypte, a mis en lumière la créativité du cinéma égyptien contemporain et renforcé les liens entre les festivals de la rive sud de la Méditerranée.
Il est à noter ainsi que l’affiche de cette neuvième édition, imaginée par ShawkiBoukef, résume à elle seule l’identité de Cinétoile : une barque devenu un labo flottant d’un jeune cinéaste, voguant entre ciel et mer. Une métaphore qui illustre parfaitement l’ambition d’un festival ayant choisi d’installer le cinéma là où on ne l’attend pas, sur une plage ou dans une forteresse, pour rappeler que les plus belles salles obscures sont parfois celles qui n’ont ni murs ni toit.
I.A.

