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Festival international de Hammamet: Quand La Havane dansait avec l’Afrique

« The Buena Vista Orchestra » a offert au public du Festival international de Hammamet un voyage musical entre l'Afrique, les Caraïbes et la Méditerranée. Une soirée où les rythmes cubains ont rappelé que les plus belles musiques naissent des croisements de l'histoire et de la mémoire.

 

La pleine lune semblait veiller sur l'amphithéâtre de Dar Sebastian, dont les gradins, tournés vers la Méditerranée, accueillaient mardi soir l'une des escales les plus chaleureuses de la 60e édition du Festival international de Hammamet. Dans ce théâtre à ciel ouvert, où la mer accompagne chaque note comme une respiration, « The Buena Vista Orchestra » n'est pas venu seulement jouer la musique cubaine. Il est venu raconter son histoire. Une histoire née des traversées, des exils et des rencontres. Une histoire où l'Afrique, l'Europe et les Caraïbes se répondent à travers les siècles pour donner naissance à une identité musicale devenue universelle.

Avant que les premiers accords ne résonnent, le producteur exécutif de l'orchestre, Steven Machat, est apparu seul sous un faisceau de lumière. L'ancien collaborateur de Genesis, Phil Collins et Peter Gabriel a livré un prélude à la fois historique et intime, évoquant sa fascination d'enfance pour Hannibal avant de rappeler que les racines de la musique cubaine plongent profondément dans la mémoire africaine…Puis les mots se sont effacés devant la musique.

Ambiance enfiévrée

Sous la direction du violoniste Rolando Morejón Reyes, chaque musicien semblait prolonger une tradition sans jamais la figer. Ici, il n’était pas question de nostalgie, mais d’une mémoire vivante qui continue de respirer au fil des générations.

Le chanteur Julio Rodriguez Delet a ensuite présenté les musiciens qui l’entouraient comme on présente les gardiens d'un héritage précieux. Chacun d'eux apportait sa couleur à cette fresque musicale où la virtuosité se mêlait à une remarquable simplicité.

Lorsque Barbara Zamora Vargas a invité le public à reprendre quelques refrains en espagnol, la frontière entre la scène et les gradins s'est peu à peu effacée. Les applaudissements ont trouvé leur cadence, les voix se sont entremêlées et plusieurs spectateurs se sont levés pour danser sous la lumière lunaire. Dar Sebastian n’était plus un amphithéâtre : il devenait une place de village où la musique abolissait les distances et les langues.

Le concert a ensuite déroulé quelques-unes des pages les plus emblématiques du patrimoine cubain. « Chan Chan », immortalisé par CompaySegundo, a soulevé une émotion particulière, tandis que « Candela », « Silencio » et « BrucaManiguá » rappelaient combien la spiritualité et les rythmes afro-cubains irriguent encore cette musique. Les hommages à Celia Cruz avec « Bemba Colora » et « Cucala » ont fait monter la température, avant un final incandescent sur El Cuarto de Tula, accueilli par une ovation nourrie.

Entre les vagues de la Méditerranée et les échos de La Havane, cette nuit a célébré bien plus qu'un héritage cubain : elle a célébré la force du métissage, cette langue universelle qui continue, envers et contre tout, de rapprocher les continents.

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